::+:: Les preuves historiques de l’existence de Jésus (3) : Témoignages externes sur les 4 évangiles


Introduction

Dans le premier article de ma série sur l’historicité de Jésus, j’avais évoqué les différents témoignages littéraires en faveur de l’existence de Jésus. En dehors, des quelques allusions des auteurs Judéens (Flavius Josèphe, les rabbins) et païens (Tacite, Suétone), les témoignages les plus importants proviennent de la communauté chrétienne elle-même, via notamment les quatre évangiles (mais pas seulement) que nous avons conservés dans nos Bible. La question de la fiabilité de ces évangiles est donc cruciale.

Dans cet article, je commencerai par évoquer ce que j’appelle le « témoignage externe » :
  • pourquoi ces quatre évangiles ?
  • D’où viennent-ils ?

La « filière asiate »

Le témoignage explicite le plus ancien est celui de Papias de Hiérapolis. Papias était le responsable de l’Eglise de Hiérapolis (près de l’actuelle ville de Denizli, en Turquie) au début du deuxième siècle, dans les années 110-130. Il a donc lui-même été enseigné par des gens qui ont directement connu les apôtres. Il nous apprend que Matthieu avait écrit son évangile en « langue hébraïque », ce qui peut être de l’hébreu ou de l’araméen, et que Marc était le traducteur de Pierre. L’évangile de Marc est donc la mise par écrit en grec du témoignage de Pierre, qui lui parlait araméen.

Ces informations sont complétées quelques années plus tard par un autre asiate, Irénée de Lyon dans son ouvrage Contre les hérésies (III, 1, 1) qui nous parle cette fois des quatre évangiles :
« Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Evangile, à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l’Eglise. Après la mort de ces derniers, Marc le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, le compagnon de Paul consigna en un livre l’Evangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l’Evangile, tandis qu’il séjournait à Ephèse en Asie. »
Irénée était le responsable de l’Eglise de Lyon à la fin du deuxième siècle, mais il était aussi originaire d’Asie Mineure et plus précisément de Smyrne, une ville, dont le responsable de l’Eglise, Polycarpe était un disciple de Jean. Cette communauté est d’ailleurs une des sept Eglises mentionnées dans l’Apocalypse (1 : 11). Cette grande proximité chronologique et cette transmission directe garantissent la fiabilité des informations.


Les autres filières

Pour la fin du deuxième siècle, nous disposons aussi du témoignage d’autres auteurs (Clément d’Alexandrie ou Tertullien par exemple), venant de diverses régions (Syrie, Rome, Egypte, Afrique du Nord).

Nous ne connaissons pas avec autant de précision la chaîne de transmission de ces auteurs, néanmoins nous pouvons constater que tous, malgré des origines géographiques très diverses, sont en accord sur les quatre évangiles retenus et leur origine. Ces informations sont d’ailleurs indépendantes les unes des autres, puis que si elles se rejoignent sur les points essentiels, elles diffèrent sur les détails. Ainsi, certains auteurs situent la mise par écrit de l’Evangile par Marc peu avant la mort de Pierre (ce qui aurait permis à ce dernier de la « contrôler »), tandis que d’autres estiment qu’il l’a au contraire fait peu après (pour justement « compenser » la mort de l’apôtre).

De plus, nous disposons de plusieurs témoignages (la lettre dite de Clément de Rome, Justin Martyr) qui montrent que dès le premier siècle, les chrétiens avaient pris l’habitude de lire les évangiles, qu’ils appelaient les « mémoires des apôtres», et les lettres de Paul lors de leurs réunions.


Conclusion

Nous pouvons donc en conclure que le corps principal du Nouveau Testament (les Evangiles et les épîtres de Paul) a été très tôt fermement établi. Seuls quelques textes comme l’épître de Jude, la deuxième épître de Pierre ou les deux dernières épîtres de Jean, feront par la suite l’objet de discussions.

Dans le prochain article, je vous proposerai donc d’examiner les critères internes de fiabilité. Quelles objections ont pu être soulevées contre ces textes ? Sont-elles réellement pertinentes ?

thèmes de recherches sont l’historiographie chrétienne, l’histoire des doctrines et l’interaction entre la foi et les connaissances profanes.

par David VINCENT sur Science et Foi

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