::+:: Des témoignages inédits sur Marthe Robin

Marthe Robin, à l’âge de 28 ans. / Collection Foyer de Charité
Lorsqu’elle meurt, le 6 février 1981, Marthe Robin a reçu dans sa chambre environ 103 000 personnes venues se confier à elle, si l’on en croit les carnets de ses visites. Deux livres font découvrir des témoignages inédits de ces visiteurs sur la mystique de la Galaure (Drôme), qui vécut cinquante ans paralysée, sans boire ni manger, hormis l’hostie consacrée, reçut les stigmates et vient d’être déclarée récemment vénérable par le Vatican (La Croix du 10 novembre 2014).

Dans Ce que Marthe leur a dit, le postulateur de la cause de béatification, le P. Bernard Peyrous, prêtre de l’Emmanuel, et la vice-postulatrice, Marie-Thérèse Gille, membre des Foyers de charité, ont rassemblé 300 entretiens envoyés après sa mort par des prêtres, religieux et laïcs, anonymes ou connus, rapportant les paroles prononcées par Marthe Robin. Classés par sujets (action de Dieu, adoption, couples en difficulté, vocation…), ils révèlent la personnalité de cette femme hors normes : simple, bienveillante, pleine de finesse, de bon sens et d’humour, toujours respectueuse de la liberté de ses visiteurs et confiante en Dieu malgré ses souffrances.

Un autre document, exceptionnel, la rend plus familière encore : dans Vénérable Marthe Robin, le P. Pierre Vignon, prêtre du diocèse de Valence et juge ecclésiastique, publie des extraits du journal intime de son oncle, le chanoine Fernand Vignon, archiprêtre de Saint-Vallier (Drôme) et fondateur de l’hebdomadaire catholique de la Drôme, Peuple libre. Ce dernier lui rendit visite pendant quarante ans, à raison de trois à quatre fois par an. 

L’amitié nouée entre eux la montre spontanée, extrêmement réaliste et incarnée, s’intéressant aux joies et aux peines du chanoine, se rappelant précisément de ce qui avait été dit lors de la dernière visite et se montrant pleine de compassion pour la crise intérieure qu’il traverse… «Jamais, je crois, je n’ai entendu prier ainsi, note-t-il en 1938. Non pas une grande ferveur affectée. Rien qui soit extraordinaire, si ce n’est cette extraordinaire simplicité dans la parfaite attention aux mots prononcés et la conscience d’une présence invisible.» 

Donnant la parole à d’autres témoins, l’universitaire Marc Deramaix, le P. Raymond Peyret, premier biographe de Marthe Robin, la kinésithérapeute Bernadette Galichet, filleule de la mystique et deux de ses petites-nièces, ce livre soulève des questions. Les auteurs réfutent notamment certaines affirmations du P. Peyrous, dans sa biographie de Marthe Robin (1), selon laquelle elle aurait récupéré partiellement l’usage de ses avant-bras et aurait pu se déplacer en rampant à la fin de sa vie. 

À leurs yeux, de telles affirmations mettraient en cause la sincérité de Marthe Robin d’une part, et minimiseraient l’acharnement du démon dans sa vie. «Certains témoignages du procès confirment qu’elle a connu des retours de motricité partiels. Je suis convaincu que le démon attaquait Marthe, mais on ne peut tout interpréter de sa vie à cette seule lumière. La vie surnaturelle ne court-circuite pas toutes les médiations et causes naturelles», estime de son côté le postulateur, qui dit vouloir répondre précisément à ces questions après la béatification.

(1) Vie de Marthe Robin, Éditions de l’Emmanuel/Éditions Foyer de Charité, 2006.

Céline Hoyeau pour le journal La Croix
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CE QUE MARTHE LEUR A DIT 
de Bernard Peyrous et Marie-Thérèse Gille 
Éditions de l’Emmanuel, 220 p., 19 €

VÉNÉRABLE MARTHE ROBIN, DES TÉMOINS RÉAGISSENT ET PARLENT 
de Marc Deramaix, Raymond Peyret, Béatrice Soulary, Bernadette Galichet, Pierre Vignon, Marie-Hélène et Colette Gaillard 
Préface de Mgr Jean-Marcel Chabbert 
Éditions Un seul cœur, 214 p., 9,70 €

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