::+:: La Résolution UNESCO sur Jérusalem et l’insulte faite à la culture judéo-chrétienne


Mme Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO a payé – à juste titre – du rejet de sa candidature au secrétariat général de l’ONU la bêtise de l’Organisation qu’elle dirige concrétisée par l’adoption d’une des Résolutions les plus ridicules et infamantes qui ait jamais été rédigée et adoptée dans le cadre des Nations Unies. La Résolution approuvée à Paris le 13 octobre 2016 par l’Assemblée générale, dont les auteurs ne cessent de remercier Mme Bokova pour son action, est en effet une de ces pantalonnades auxquelles les Nations Unies nous ont hélas habitués.


De quoi s’agit-il ? Rien moins que de nier le lien historique et culturel entre le peuple juif et Jérusalem, et ce, dans un double objectif à peine caché : alimenter les conflits mondiaux fondés sur la religion en contribuant à la victimisation de l’Islam, et diviser les Européens sur le sujet brûlant des conflits du Moyen-Orient. Succès total. Les jeunes et moins jeunes en voie de radicalisation vont y voir la confirmation du bien-fondé de leur cause vengeresse. Les Etats membres de l’Union européenne sont encore plus divisés : l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, par exemple se sont opposés au texte, tandis que la France s’est bornée à s’abstenir suivant la formule célèbre : courage, fuyons !


Les lecteurs de l’Evangile ou tout simplement des livres d’histoire seront heureux d’apprendre que Jésus était palestinien et que le Temple de Jérusalem, le Tombeau de Rachel ou encore le Caveau des Patriarches sont des monuments musulmans dont les noms au demeurant sont totalement inconnus du public.


Mais ce qui me chagrine surtout, c’est l’attitude de mon pays. J’ai présidé pendant des années (1991/1998) le Comité de Bioéthique de l’UNESCO à la tête duquel m’avait désignée Frédérico Mayor, un directeur général de l’Organisation auquel il faut rendre hommage pour sa hauteur de vue et sa vision politique et culturelle d’un monde multiple, mais tolérant et pacifique. A l’époque, la France avait de la tenue et était capable d’insuffler des programmes tels que celui sur la bioéthique, celui sur la société numérique ou encore celui sur l’Education qui avaient une vraie valeur ajoutée. Que faisons-nous aujourd’hui à l’UNESCO, pourtant la seule institution spécialisée des Nations Unies implantée en France ? Je défie quiconque de le savoir en dehors du cercle fermé des quelques diplomates français qui suivent les travaux de l’UNESCO.


Si l’on reparle de la France à l’UNESCO, c’est malheureusement à l’occasion de cette Résolution, et parce que le Président de la République et son gouvernement n’ont pas tenu leurs engagements. En avril 2016, après le tollé suscité par l’adoption par la France d’une Résolution identique à celle approuvée le 13 octobre, le Président de la République avait publié une lettre soulignant que « rien dans le vote de la France ne doit être interprété comme une remise en cause de la présence de l’histoire juive à Jérusalem » ajoutant « s’il y a une incompréhension du fait de certaines formulations dans cette résolution, je le regrette car la position de la France sur la question de Jérusalem est claire et ne varie pas : c’est la défense de la liberté d’accès et de culte à Jérusalem, ville fondamentale pour les trois grandes religions monothéistes ». Dans le même sens, dans une réponse à une question écrite parlementaire, le ministre des Affaires étrangères avait indiqué que « la prochaine résolution qui serait discutée lors du conseil exécutif de l’UNESCO au mois de novembre fera l’objet d’une attention particulière. La France n’apportera pas son vote à un texte qui s’écarterait des principes » rappelés par le chef de l’Etat… Apparemment, la position de la France n’est plus aussi claire qu’elle ne devait l’être suivant les déclarations officielles. Les regrets se sont envolés, les échéances électorales approchent. Pauvre France.

Noëlle Lenoir, pour L'express

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