::+:: Les dernières confessions de l'ancien pape Benoit XVI : "Je n'étais pas sûr du choix de François"


Copyright The Daily Beast, auteur Barbie Latza Nadeau

Le pape Benoit XVI a dit son dernier mot. Son livre Benoît XVI: Final Conversations, publiée le 9 septembre en italien et en allemand, est le fruit d'une série d’entretiens avec le journaliste allemand Peter Seewald, confident de ce pape. La version française Benoit XVI : Dernières conversations sortira le 14 septembre chez Fayard ; quant à la version anglaise, elle sera publiée à la fin novembre sous le titre Last Testaments.

En résumé, c’est un mort vivant dont Seewald dit qu’il assista aux derniers instants après une longue vie de 89 ans. Il est maintenant aveugle de l'œil gauche et ne peut pas marcher sans assistance. Lorsque Seewald lui a demandé s'il espérait voir son 90ème anniversaire, Benoît a répondu : "Je ne l'espère pas".

Seewald utilise les propres mots de Benoît auxquels il ajoute des anecdotes à propos des longues heures qu'ils ont passé ensemble à peindre un portrait révélateur d'un homme qui peut être facilement vu comme mal compris. 

Seewald dit qu'à plusieurs reprises, il a trouvé Benoit XVI si faible qu'il a pensé qu’il ne vivrait pas jusqu’à leur prochaine réunion. "Vous vous rendez compte qu'il est au bout de sa vie" a déclaré Seewald au quotidien allemand Die Zeit quand le livre est sorti. "Je ne veux pas dire qu'il est fatigué de la vie, mais qu'il a simplement donné tout ce qu'il pouvait donner".

Benoît a été le premier pape de l'histoire moderne à démissionner, créant un précédent que beaucoup estiment que le pape François pourrait suivre s'il se fatigue de son pontificat.

Benoit se décrit comme un "fou d’actualité" et raconte comment il est resté "scotché devant son téléviseur pour voir qui allait être élu" pour lui succéder quand la fumée noire est devenue blanche au-dessus du Vatican pendant le conclave. Dans son enthousiasme, il n’a pas répondu à un appel de Jose Mario Bergoglio, qu'il connaissait en tant que membre éminent de l'église argentine. Il a été stupéfait quand le nom de Bergoglio a été annoncé comme prochain pape.

"Personne ne s’y attendait " dit Benoît. Quand j'ai entendu son nom, je n’étais pas rassuré. Mais quand je l'ai vu la manière dont il a parlé de Dieu avec les gens, j’étais vraiment content. Et heureux". 

"Ce qui m’a touché, c’est que, avant même d’apparaître sur la loggia face à la foule de la place Saint-Pierre, il a essayé de me téléphoner". 

Benoît est très honnête au sujet de ses lacunes et de ses déceptions en tant que pontife. Il parle franchement de son combat contre un "puissant lobby gay" formé par une poignée de personnes qui ont essayé d'influencer les décisions de l'Eglise. "Nous l’avons dissous" dit-il, bien que le pape François ait reconnu qu’un tel groupe existe encore au sein de la hiérarchie du Saint -Siège.

Benoît reconnaît aussi qu'il aurait pu faire mieux dans certains domaines. "Mon point faible est peut-être un manque de détermination dans ma manière de diriger et de prendre des décisions" dit-il à propos de son indécision sur de nombreuses questions qui auraient dû définir son pontificat. "En réalité, je suis plus un professeur, quelqu’un qui réfléchit et médite sur des questions spirituelles. Diriger de manière concrète n'a pas été mon fort, et ce fut certainement une faiblesse". 

"Mais je ne me vois pas comme quelqu’un qui a échoué, dit-il.

Pendant huit ans, j’ai fait mon devoir".

Il a également appris à apprécier le pape François, dont la papauté a déjà éclipsé la sienne au cours des trois années écoulées depuis son élection. "C’est un homme de réforme, il a aussi la volonté d’agir et de prendre des mesures concrètes en matière d’organisation", dit Benoit à propos du nouveau pape.

Dans les années qui ont suivi la démission de Benoit XVI, des théoriciens du complot ont assuré que le pontife allemand avait été victime de chantage ou, d'une certaine manière, de pressions pour le pousser à la démission. Son départ est intervenu après la condamnation de son majordome, reconnu coupable d’avoir transmis des documents privés à un journaliste et suite à la réception d'un mystérieux dossier rouge qui aurait détaillé les nombreux problèmes auxquels l’Eglise fait face. Mais Benoît dit qu'il n'a pas été poussé à la démission.

"Ce ne fut pas une retraite décidée sous la pression d'événements ou d’une incapacité à leur faire face, dit-il. Personne n'a essayé de me faire chanter. Je ne l'aurais pas permis. S'ils avaient essayé, je ne serais pas parti parce ce ne serait pas correct de partir à la suite de pressions. Et ce n’est pas vrai que j’étais déçu, ou quelque chose comme ça". 

Au cours des interviews pour la promotion de son ouvrage, Seewald a aussi livré des anecdotes qui ne figurent pas dans son livre, y compris sur la manière dont Joseph Ratzinger, comme on l’appelait avant qu’il ne devienne le pape Benoit XVI, est tombé amoureux d’une femme alors qu’il était sur ​​le point de prononcer ses vœux pour devenir prêtre. "Il a été très attiré pendant ses études, a raconté Seewald à Die Zeit . Un de ses camarades m'a dit qu'il faisait beaucoup d’effet aux femmes et qu’elles avaient beaucoup d’effet sur lui. Choisir le célibat n'a pas été facile pour lui". 

L'une des plus grandes déceptions révélées par le livre est que les mémoires de Benoît XVI ne seront jamais publiées. Il a gardé les notes détaillées qu’il a écrites à l’époque où il était à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et pendant son pontificat, y compris sur le scandale auquel a été mêlé son majordome, et sur sa décision de prendre sa retraite. Seewald dit que ces notes seront détruites quand Benoit XVI mourra.

Maintenant que les réflexions de Benoit XVI ont été publiées, Seewald dit que l’ancien pape se tient prêt, passant ses jours, non pas à craindre la mort, mais au contraire "à préparer son jugement final devant Dieu".

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