::+:: Le pape appelle l’Europe à s’ouvrir au nom de ses « racines chrétiennes »


Le pape François fonde sur le christianisme inhérent à l’Europe sa capacité à devenir un « continent ouvert et accueillant ». Il l’a exprimé avec force dans un message-vidéo diffusé samedi après-midi au congrès œcuménique intitulé « Ensemble pour l’Europe », qui a réuni à Munich 300 mouvements et communautés de différentes Eglises chrétiennes (Sant’Egidio, Focolari, Schönstatt,..). « L’Europe est appelée à réfléchir et à se demander si son immense patrimoine, imprégné de christianisme, appartient à un musée ou s’il est capable d’inspirer la culture et de donner ses trésors à toute l’humanité », interroge le pape, qui n’hésite pas à la fin de ce message à citer, pour la première fois nommément, les « racines chrétiennes ». Celles-ci « depuis 2000 ans nourrissent l’Europe », rappelle-t-il.

L’ouverture aux autres

« L’histoire de l’Europe est l’histoire d’une rencontre continue entre Ciel et terre : le Ciel indique l’ouverture au transcendant, à Dieu, qui a toujours marqué l’homme européen », explique le pape. Dans son discours au Parlement européen à Strasbourg, le 24 novembre 2014, il s’était de même référé à la fresque de Raphaël représentant l’Ecole d’Athènes comme « une image qui décrit bien l’Europe et son histoire, faite de la rencontre continuelle entre le ciel et la terre ».

De fait, Jorge Bergoglio n’a jamais nié l’existence des racines chrétiennes de l’Europe. Mais il s’est toujours montré réservé sur l’usage d’une expression dont la « tonalité, comme il l’a expliqué dans son entretien à La Croix du 17 mai, peut être triomphaliste ou vengeresse ». Il l’emploie ici en s’adressant à un rassemblement chrétien. Et pour que ces racines servent de fondement non pas au repli identitaire mais à l’ouverture aux différences.

« Egoïsme politique et économique »

L’opposition de ces deux attitudes traverse l’ensemble de son message, lu en italien. A la place «des murs d’égoïsme politique et économique, des murs faits de peur, d’agressivité, de manque de compréhension envers les personnes d’origines ou de religion différentes », qu’il décrit, sans nommer les réfugiés, il souhaite que les mouvements chrétiens aident à construire « des laboratoires de communion, d’amitié et de fraternité capables d’intégrer, ouverts au monde entier ». Une capacité d’intégration de l’Europe qu’il avait déjà vivement appuyée dans son discours pour la réception du prix Charlemagne, le 6 mai dernier.

« La personne au centre »

« Toute unité authentique vit de la richesse des diversités qui la composent », souligne encore le pape, comme en écho à la devise de l’Union européenne ‘unité dans la diversité’. Son message se garde toutefois de nommer l’UE explicitement. Le pape non-européen s’en tient ici à appuyer « des formes de coopération non seulement économique mas aussi sociale et culturelle ». Mais avec « la personne au centre » et dans le respect des différences. « Une famille est beaucoup plus unie lorsque chacun de ses membres peut-être lui-même jusqu’au bout, sans crainte », déclare-t-il ainsi, dans ce qui peut traduire la crainte exprimée par les partisans du Brexit. Dans sa conférence de presse le 26 juin, au retour d’Arménie, après le référendum britannique, le pape avait conseillé de « donner plus d’indépendance, plus de liberté aux pays de l’Union », allant jusqu’à évoquer pour cela une « saine désunion ».

Sébastien Maillard (à Rome) pour le journal La Croix.

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