::+:: Les lefebvristes claquent la porte au pape François



En avril dernier, le pape François avait reçu pour la première fois Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), dans le cadre de discussions informelles sur leur réintégration dans le giron de Rome. Cette rencontre avait remis en lumière le débat autour de la reconnaissance de l’institut, un sujet qui divise dans les rangs des lefebvristes.

Alors que Mgr Fellay et certains responsables de l’institut avaient semblé adopter une attitude plus conciliante, un nouveau communiqué, diffusé à l’issue de la réunion de ses supérieurs majeurs, qui s’est tenue à Ecône (Suisse) du 25 au 28 juin, revient à la charge pour dénoncer « la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Église ».

« La proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, affirme le chef des intégristes, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au pape lui-même ».

La FSSPX prie pour que le pape « ait la force de proclamer intégralement la foi »

En raison de cette « grave nécessité », précise Mgr Fellay dans cette note, la FSSPX « ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique ». « Elle n’a qu’un désir, poursuit-il, porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Église ».

« La FSSPX prie et fait pénitence pour que le pape ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale », conclut-il, alors même que le pape François avait fait des pas dans la direction des lefebvristes, en considérant notamment comme licites les absolutions accordées par leurs prêtres à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde.

En janvier dernier, Mgr Alfonso de Galaretta, un des quatre évêques de la FSSPX, avait révélé que la Congrégation pour la doctrine de la foi a officiellement proposé à l’institut le statut de prélature personnelle à l’été 2015. Il avait assuré croire à une possible « reconnaissance unilatérale ».

L’abbé Franz Schmidberger, ancien Supérieur général de la FSSPX, avait quant à lui longuement détaillé dans un document adressé le 19 février à quelques responsables lefebvristes, dont l’actuel chef de file, les arguments qui justifieraient une réintégration par Rome.


À la suite des remous suscités dans la sphère traditionaliste par ce texte, diffusé notamment par le site d’extrême droite medias-presse.info, le prêtre allemand avait publié le 15 avril dernier un communiqué pour rappeler le « caractère privé » de cet exposé.

Exigences du Vatican « revues à la baisse »

Étant donné les « exigences » du Vatican revues à la baisse, « semble être arrivé le bon moment pour régulariser la situation de la Fraternité », et ce pour plusieurs raisons, faisait notamment valoir l’abbé Schmidberger dans ce document intitulé « Réflexions sur l’Église et la position de la FSSPX en son sein ».

Quelques mois plus tard, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, en charge des relations avec la Tradition, avait affirmé à La Croix que les directives contenues dans les décrets ou déclarations du Concile Vatican II constitueraient « y compris après la reconnaissance canonique, un sujet de discussion, d’approfondissement, de précision, afin d’éviter tout malentendu ou équivoque, que nous savons répandus dans le monde ecclésial actuel ».


Il avait ainsi redit que l’acceptation du concile ne constituait pas un « pré-requis » à cette reconnaissance et que les difficultés de la FSSPX sur certaines questions - liberté religieuse, liturgie - n’étaient pas un « obstacle ».

de Marie Balzac pour le journal La Croix

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