::+:: La plupart des mariages sont "nuls"


C'est le pape François qui l'affirme. "La grande majorité des mariages sont nuls", parce que les jeunes qui se marient à l'Église ne se rendent pas compte du sens de cet engagement à vie.

Les propos datent du 16 juin en ouverture du Congrès ecclésial du diocèse de Rome.

"La majorité des mariages sacramentels sont nuls, parce que les jeunes disent "oui, pour toute la vie", mais ils ne savent pas ce que cela signifie", a déclaré François, dans la basilique Saint-Jean de Latran.

Les jeunes "ne savent pas ce qu'ils disent parce qu'ils ont une autre culture. Ils ont de la bonne volonté mais ils n'ont pas la conscience", a-t-il insisté.

En publiant le verbatim des propos (improvisés) du pape, le Vatican a cherché à rectifier le tir. Selon ce texte officiel, le pape aurait parlé d'une "partie", et non d'une "majorité" de mariages nuls.

Conventions sociales

Que cela soit ou non dans la majorité des cas, un certain nombre de mariages à l'Église répondent davantage à des conventions sociales et plutôt qu'à des convictions religieuses. C'est un fait.

Cela ne date pas d'hier. C'était même, peut-être, pire hier.

On se souvient de ces mariages "précipités" parce que la mariée était enceinte. Je me rappelle de cette expression que l'on employait, lorsque j'étais enfant, à propos des couples "fautifs" : "Ils ont fêté Pâques avant les Rameaux !"

Lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait, lui, interdit les mariages pendant une grossesse, parce que le sacrement ne pouvait pas être "librement consenti".

"Nuls" vraiment ?

Pour autant, tous les mariages religieux où la foi est absente au moment de la cérémonie sont-ils "nuls" ?

Rappelons que, pour l'Église catholique, "nul" revient à dire, dans ce cas, que le sacrement n'a jamais existé.

Prenons l'exemple d'un couple marié à l'Église qui se sépare après de nombreuses années de vie commune (vécues dans l'amour et la fidélité) et après avoir donné naissance à plusieurs enfants. Ce mariage peut-il être qualifié de "nul" en arguant du fait que la foi n'était pas au rendez-vous lorsqu'ils se sont mariés.

Comment évaluer la foi de quelqu'un ? La foi peut évoluer dans le temps : dans un sens ou dans un sens opposé. Difficulté accrue dès lors que la question se pose à deux personnes. Si l'un croit et l'autre pas, qu'en est-il ?

Éloge de la fidélité

Qu'est-ce qui fonde alors le sacrement du mariage pour le chef de l'Église catholique ? 

Le correspondant de La Croix à Rome relate d'autres propos du pape, ce même 16 juin, qui poursuit sur ce sujet en faisant l'éloge de la fidélité.

Personne ne sera surpris. Plus étonnant (dans la bouche d'un pape), peut-être, ce que François ajoute au sujet des couples, nombreux, qui se présentent aux préparations au mariage alors qu'ils cohabitent déjà.

"Ne pas dire toute de suite "Pourquoi tu ne te maries pas à l'Église", a-t-il recommandé aux nombreux prêtres présents : « Non, accompagnez-les, attendre et faire mûrir la fidélité ». « Pourtant, vraiment, je dis que j'ai vu tant de fidélité dans ces cohabitations, tant de fidélité », a observé l'ancien archevêque de Buenos Aires. « Je suis sûr que ceci est un vrai mariage, ils ont la grâce du mariage justement par la fidélité qu'ils ont ».

Résumons. Un mariage à l'Église de deux incroyants est réputé "nul". Mais deux croyants fidèles qui cohabitent sans se marier à l'Église reçoivent la "grâce du mariage".

Les deux fils de l'Évangile

Je pense à la parabole des deux fils dans l'Évangile de Matthieu (21. 28-32).

"Que vous en semble ? Un homme avait deux fils ; et, s’adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne.

29 Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla.

30 S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n’alla pas.

31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu.

32 Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui ; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui."

Juger sur la durée

Autrement dit, ne vaut-il pas mieux de ne pas se marier à l'Église et de cohabiter fidèlement avec amour, plutôt que de se marier à l'Église par pure convention sociale ?

La fidélité et l'amour dans le mariage ne sont pas des valeurs exclusivement catholiques - Dieu merci - et le pape nous le rappelle avec raison. J'ai plus de mal, en revanche, à le suivre sur le terrain des arguties juridiques quand il parle de "nullité".

Au-delà d'un acte posé à un moment donné, la qualité d'un mariage, religieux ou non d'ailleurs, s'apprécie dans sa durée.

Dans Religions et spiritualités dans Ouest France

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