::+:: Migrants : visite "solidaire" du pape à Lesbos


C'est une visite éclair, mais symbolique. Le pape François se rend samedi pour une visite de « solidarité » aux Grecs et aux migrants sur l'île de Lesbos. Cette île est la porte d'entrée des migrants en Europe.

« J'irai là-bas, avec mes frères le patriarche de Constantinople Bartholomée et l'archevêque d'Athènes et de toute la Grèce Ieronymos, pour exprimer proximité et solidarité, tant aux réfugiés qu'aux citoyens de Lesbos et à tout le peuple grec si généreux dans l'accueil », a-t-il lancé au Vatican lors de l'audience générale du mercredi. La visite du pape, qui rencontrera à Mytilène, chef-lieu de l'île, le Premier ministre Alexis Tsipras, le conduira dans le centre de réfugiés de Moria, puis sur le port pour une prière pour les victimes des naufrages. Elle a lieu au moment où la crise migratoire met à rude épreuve l'unité européenne.

La mondialisation de l'indifférence


Au début de son pontificat, en juillet 2013, dans un geste similaire, il s'était rendu sur l'île italienne de Lampedusa et avait fustigé « la mondialisation de l'indifférence » devant les barques de naufragés. Rarement un pape, le Saint-Siège et les ONG catholiques n'auront pris parti de manière aussi nette dans un grand débat de société européen.

« Les côtes grecques sont l'unique symbole d'espérance pour beaucoup », a ainsi relevé le cardinal Antonio Maria Veglio, ministre du pape pour les migrants. La visite sera aussi l'occasion de souligner les « causes » de la crise migratoire au Moyen-Orient, a expliqué de son côté Mgr Peter Turkson, président du Conseil pontifical justice et paix, faisant allusion au djihadisme et à la guerre en Syrie. Sur Radio Vatican, ce cardinal ghanéen a fustigé l'accord récent entre l'UE et la Turquie sur le refoulement des réfugiés, et demandé, sans citer de pays, de mettre fin aux soutiens financiers et armés occultes en faveur de l'organisation État islamique (EI).

150 000 migrants arrivés en Grèce depuis le début de l'année


« (Le groupe) État islamique paraît puissant, mais, en réalité, il est toujours soutenu par des fonds, il a encore accès à l'argent, aux armes, etc. » Mentionnant aussi des intérêts pétroliers, le ministre du pape a demandé : « Pourquoi nous n'arrêtons pas tout cela ? (...) Il faut un peu d'engagement, et cela veut aussi dire des sacrifices. » Le Jesuit Refugee Service (JRS) a jugé que « la visite du souverain pontife ne pouvait arriver à un moment plus propice, après l'accord controversé de l'UE qui prévoit le renvoi en Turquie des migrants débarquant en Grèce ». Selon le JRS, sur plus de 150 000 réfugiés et migrants arrivés en Grèce cette année, plus de la moitié ont débarqué à Lesbos, et 22 000 mineurs non accompagnés sont bloqués en Grèce.

À Pâques, François avait condamné le « refus » de ceux qui « pourraient offrir un accueil et de l'aide », faisant allusion aux pays prospères qui ferment leur frontière en Europe. Il s'était rendu dans un centre de demandeurs d'asile, en majorité musulmans, au nord de Rome. Le message de François est néanmoins mal reçu, non seulement par les mouvements xénophobes en pleine poussée en Europe, mais aussi dans une partie du monde catholique.

« Une invasion arabe » positive pour l'Europe


Certaines communautés catholiques acceptent volontiers des réfugiés chrétiens, notamment de Syrie, mais ont peur d'un afflux de musulmans. François a demandé à tous les diocèses d'Europe d'accueillir des familles de migrants. Les organisations catholiques, à l'avant-poste dans les pays frontaliers de la Syrie comme la Jordanie, ont la consigne de ne faire aucune différence entre les migrants selon leur confession. Le chef de l'Église catholique, lui-même petit-fils de migrants italiens en Argentine, rappelle que les immigrés fuient souvent leur pays en raison d'un « système économique injuste ».

Dans une conversation rapportée début mars dans l'hebdomadaire français La Vie, François avait affirmé qu'on « pouvait parler aujourd'hui d'invasion arabe » au sens positif pour le Vieux Continent, celui-ci ayant connu d'autres « invasions » et « ayant toujours su se dépasser lui-même, et se trouver ensuite comme agrandi par l'échange entre les cultures ».

SOURCE AFP | Le Point.fr

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