::+:: Le pape François doit présenter ses conclusions controversées sur le mariage et la famille



C’est un texte particulièrement attendu que le Vatican va dévoiler vendredi 8 avril. Après une conférence de presse au Saint-Siège, l’exhortation apostolique du pape François sur la famille sera publiée en milieu de journée. Un document, intitulé Amoris Laetitia (« La joie de l’amour ») et qui devrait faire près de 200 pages, sera publié en six langues.

Qu’est-ce qu’une exhortation apostolique ?

« A l’origine, l’exhortation apostolique était un appel, une admonestation ou une recommandation, sans caractère juridique, adressée par les papes à une catégorie de fidèles », rappelle le quotidien La Croix.

Assez proche d’une encyclique, une exhortation apostolique présente en général les conclusions du pape à l’issue d’une réflexion collective, comme celle d’un synode épiscopal. La première exhortation post-synodale, Evangelii nuntiandi, date de 1975. Plusieurs d’entre elles ont ensuite eu une influence importante.

Jorge Bergoglio a publié sa première exhortation apostolique, Evangelii gaudium (« La joie de l’évangile »), en 2013. Amoris Laetitia doit traduire ses conclusions sur les synodes sur la famille d’octobre 2014 et d’octobre 2015.

Quels thèmes sont abordés ?

Cette exhortation apostolique porte sur le mariage et la famille. Pendant deux ans, dans le cadre du synode sur la famille, les évêques ont débattu de façon intense des réponses concrètes que l’Eglise doit apporter aux situations familiales variées qu’elle rencontre, telles que les divorces, les cohabitations hors mariage ou l’homosexualité.

Deux questions, notamment, ont focalisé l’attention et suscité les discussions les plus vives :
  • celle de l’accès au sacrement de la communion des divorcés remariés ;
  • et celle de l’intégration au sein de l’Eglise de couples homosexuels ou vivant en union libre.
Le rapport final sur la famille, adopté le 24 octobre à Rome, apportait des éléments de réponse. A la fin de ce document, les évêques demandaient explicitement au pape François de rédiger son propre texte sur ces sujets.


Des annonces majeures ?

Le pape devrait s’appuyer, pour cette exhortation, sur les conclusions des deux synodes, notamment sur les deux sujets les plus sensibles :
  • La communion pour les divorcés remariés :
Le passage-clé du document final du synode d’octobre 2015 a été rédigé de manière assez ambiguë pour permettre toutes sortes d’interprétations. Le texte propose aux prêtres des critères de discernement, c’est-à-dire d’examen des situations individuelles concrètes, pour éventuellement permettre à certains divorcés remariés d’être davantage intégrés à la vie de l’Eglise (en faisant la lecture lors de la messe, en proposant le catéchisme, etc.). Le document ne dit pas explicitement que cette intégration peut aller jusqu’à l’accès à l’eucharistie, mais ne l’exclut pas non plus.
  • L’homosexualité :
Aucune évolution sur ce sujet dans le rapport de 2015. Il n’y est question que des familles « qui vivent l’expérience d’avoir en leur sein une personne avec une tendance homosexuelle ». La qualification de « mariage » pour les unions entre personnes de même sexe est, elle, rejetée.

Dans son exhortation, le pape François ira-t-il plus loin que ces conclusions ? Le secrétariat du synode assure que ce document n’entend pas « changer » la doctrine concernant le mariage et la famille. Il insiste sur une « conversion » et un renouveau du langage, qui doit cesser de cataloguer et de condamner, et sur le « discernement » pour offrir aux personnes en situation « irrégulière » des moyens de participer à la vie de l’Eglise.

Au-delà du divorce ou de l’homosexualité, le Vatican assure que le document abordera plus globalement la question de l’amour dans la famille et aura ainsi une portée plus large. Il devrait traiter par exemple de l’éducation des enfants et de la prise en compte des différentes cultures dans l’évangélisation.

Des positions irréconciliables ?

Lors du synode d’octobre 2015, les paragraphes consacrés aux divorcés remariés n’ont été adoptés qu’à une très courte majorité – à une voix près, même, pour l’un d’entre eux –, signe de l’ampleur des divisions entre réformateurs et conservateurs.
« Les prêtres peuvent devenir des loups, et les cardinaux des diables » 

Vendredi, c’est le cardinal de Vienne, Christoph Schonborn, réputé pour son ouverture et lui-même fils de divorcés, qui présentera cette exhortation apostolique au Vatican. « Pourquoi ces cœurs endurcis, qui s’en prennent furieusement à nos communautés ? De cette manière, les prêtres peuvent devenir des loups, et les cardinaux des diables », a-t-il regretté la semaine dernière, dénonçant les tenants d’une ligne rigide.

Mais même avant la publication du document, plusieurs lectures s’affrontent. Pour le cardinal et théologien allemand Walter Kasper, qui plaide en faveur de l’octroi de la communion aux divorcés remariés au terme d’un chemin pénitentiel, le texte du pape « sera la première étape d’une réforme qui tournera une page dans l’Eglise ». Le secrétaire particulier du pape émérite Benoît XVI, Mgr Georg Ganswein, est en revanche convaincu que le pape François « continuera sur la voie tracée par ses prédécesseurs, selon le magistère de l’Eglise ».

Pour transmettre le message du pape, les évêques du monde entier ont en tout cas déjà été conviés par le Vatican à organiser des conférences de presse de présentation et Rome leur a livré des clés de lecture.

Le Monde.fr avec AFP

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