::+:: Migrants : le pape déplore « la conscience anesthésiée » de l’Europe



Migrants, terrorisme pédophilie : c’est une prière chargée d’actualité que le pape François a prononcée, vendredi 25 mars, à l’issue de la cérémonie du Vendredi Saint, qui commémore chaque année la passion et la mort du Christ.

La Méditerranée et la Mer Egée « sont devenues un cimetière insatiable, image de notre conscience insensible et anesthésiée », a déploré le pape dans sa prière à la fin du chemin de croix, au Colisée de Rome. Il a renouvelé son appel aux pays de l’Union européenne à accueillir dignement des centaines de milliers de demandeurs d’asile et immigrés.

« Ô Croix du Christ, nous te voyons aujourd’hui dans les visages des enfants, des femmes et des personnes, épuisés et apeurés qui fuient les guerres et les violences et ne trouvent souvent que la mort et tant de Pilate aux mains lavées. »

« Des adeptes de certaines religions profanent le nom de Dieu »


Évoquant les offensives djihadistes qui touchent l’Afrique, le Moyen-Orient jusqu’au cœur de l’Europe, le pape a dénoncé « les fondamentalismes et le terrorisme des adeptes de certaines religions qui profanent le nom de Dieu et l’utilisent pour justifier leurs violences inouïes ». Ce sont « les vendeurs d’armes qui alimentent le four des guerres avec le sang innocent des frères », a-t-il remarqué. Jeudi, le pape avait déjà qualifié les attentats de Bruxelles d’« actes de guerre ». Vendredi, il a à nouveau évoqué les chrétiens décapités et immolés au Moyen-Orient ainsi que ceux qui ont été contraints de fuir leur foyer.


Le pape a encore fustigé le fondamentalisme rigide de certains religieux, y compris dans l’Église catholique, « docteurs de la lettre et non de l’esprit, de la mort et non de la vie, qui au lieu d’enseigner la miséricorde et la vie, menacent de punition et de mort et condamnent le juste ». Ces « cœurs endurcis jugent facilement les autres, prêts à les condamner même à la lapidation », a-t-il observé.

François a aussi condamné avec force la pédophilie dans le clergé : « Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans les ministres infidèles qui au lieu de se dépouiller de leurs vaines ambitions dépouillent même les innocents de leur dignité », s’est-il exclamé.

Le Monde.fr avec AFP

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