::+:: D'autres communautés religieuses bientôt reconnues?


Après le canton de Vaud, celui de Neuchâtel s'apprête à intégrer de nouveaux acteurs religieux dans la vie publique. Il va se doter d'une loi sur la reconnaissance des communautés religieuses, au-delà des trois Eglises déjà reconnues.

Parmi les mandats issus de la Constitution neuchâteloise de 2000, c'est le dernier à n'avoir pas encore été mis en oeuvre. Un avant-projet est en consultation jusqu'au 15 mai. Le Grand Conseil en débattra en 2017, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2018.

«La diversification culturelle fait partie de l'ADN du canton de Neuchâtel», a souligné mercredi devant la presse le conseiller d'Etat Jean-Nat Karakash. A l'instar de Genève, Neuchâtel est un canton où Etat et religion sont strictement séparés. Cependant, il souhaite que sa stricte laïcité n'implique pas l'exclusion, mais l'intégration.

Les Eglises évangélique réformée, catholique chrétienne et catholique romaine sont déjà reconnues. Mais sur une centaine de communautés religieuses présentes sur sol cantonal, les trois quarts ne le sont pas. Elles sont issues de courants religieux chrétiens, musulmans, israélites, bouddhistes et Baha'ies, entre autres.

Droits et devoirs


La reconnaissance par l'Etat impliquera une série de droits et de devoirs. Sa procédure devrait durer cinq ans au maximum. Bon nombre de détails restent à préciser dans un règlement d'application.

Parmi les avantages: pouvoir proposer un enseignement religieux dans des locaux scolaires (séparément de l'enseignement scolaire) et participer au service d'aumônerie dans les hôpitaux et les prisons. S'y ajoutent le droit à l'exonération fiscale et la perception par l'Etat d'un impôt volontaire des membres de la communauté.

Un groupe qui demandera la reconnaissance devra remplir des conditions pour que son cas soit soumis au Grand Conseil, qui tranchera. Il devra s'être constitué en association à but non lucratif et aux statuts démocratiques.

Il lui faudra aussi être bien implanté dans le canton, en années de présence et en adhérents. Plus une communauté est installée depuis longtemps, moins le nombre de membres requis sera élevé. A l'inverse, l'ancienneté exigée sera moins élevée si ses membres sont nombreux.

La communauté doit respecter la paix religieuse. Les autorités sont conscientes de leurs limites pour le contrôle, qui ne s'appliquera qu'aux discours tenus. A moins de leur faire signer une déclaration les engageant à contrôler leurs membres.

Accueil favorable


Une consultation exploratoire a déjà eu lieu avec l'appui de Brigitte Knobel, directrice du Centre intercantonal d'information sur les croyances. L'experte relève que le projet a été bien reçu, tant par les Eglises reconnues que par tous les partis politiques.

Malgré le fait que c'est un sujet sensible, les discussions ont été sereines, a constaté Brigitte Knobel. Les points suscitant débat touchaient au nombre de membres exigé, aux questions financières et fiscales, ou à l'égalité hommes-femmes dans les communautés.

Les communautés minoritaires aussi ont accueilli favorablement le projet. La majorité des communautés contactées ont d'ores et déjà exprimé leur intérêt à se porter candidates. Si besoin, elles se regrouperont.

Le Conseil d'Etat se veut plutôt confiant pour la suite des consultations, en dépit du contexte des attentats à l'étranger. «Il y a plus de craintes à avoir quand on exclut que quand on intègre», a commenté le conseiller d'Etat Laurent Kurth.

Si craintes il y a, elles dépassent les frontières neuchâteloises, estime de son côté Jean-Nat Karakash. Il observe que les communautés établies dans le canton, elles, suscitent la bienveillance de la population. (ats/nxp)

Info Tribune de Genève 

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