::+:: UN TOIT POUR TOUS (1/2)

ENGAGÉS CONTRE LE MAL-LOGEMENT


Vivre à l’hôtel, être hébergé chez un tiers, habiter dans un logement trop petit ou insalubre : nombreuses sont les personnes à connaître des situations de mal-logement. Le Secours Catholique s’engage par ses permanences Dalo, la mise en place de logements temporaires ou encore une mobilisation active auprès des autorités.

Hussain, d’origine bangladaise, a obtenu l’asile en France et pourtant, il vit toujours chez des amis : « Actuellement, nous sommes sept dans un studio au Bourget. Je suis fatigué de cette situation. Et il y a des cafards et des punaises de lit, ça me gratte. »

Bintou, elle, vit à Courbevoie dans un appartement de 60 m² avec son mari et leurs cinq enfants : « C’est difficile pour notre fille de 13 ans qui a besoin d’intimité vis-à-vis de son frère aîné, or ils dorment dans la même pièce. En plus, on a un problème d’humidité, les enfants sont souvent malades, la peinture tombe. »

On est serrés, on est comme dans une boîte de sardines.


Hussain et Bintou ont tous deux frappé à la porte d’une permanence Dalo du Secours Catholique. Dalo pour “droit au logement opposable”, une loi adoptée en 2007 qui permet à toute personne sans abri ou mal logée de réclamer à l’État un logement décent et stable en fonction de certains critères d’éligibilité.

« La loi oblige l’État à reloger ces personnes, et le Secours Catholique aide à mettre en œuvre ce droit », témoigne Matthieu Hoarau, chargé de projet “De la rue au logement” en Île-de-France. L’association dispose ainsi de 14 permanences Dalo en Île-de-France, mais aussi à Toulouse et à Angers.

Des bénévoles se mobilisent pour aider les personnes mal logées à effectuer une demande Dalo qui s’organise en deux étapes : un recours amiable devant une commission de médiation départementale pour être reconnu “prioritaire et urgent”, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif, qui peut enjoindre au préfet de trouver un logement au demandeur.

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Actuellement, en Île-de-France, 44 000 ménages reconnus prioritaires Dalo attendent d’être relogés.

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Dans le cas où le préfet ne satisferait toujours pas à son obligation de proposer un logement – ce qui est très souvent le cas –, le requérant peut présenter un recours en indemnité. On constate que le processus Dalo peut durer jusqu’à quatre ans.

L’année dernière, Valentine, suivie par le Secours Catholique du Val-de-Marne et reconnue prioritaire Dalo depuis 2009, a enfin obtenu gain de cause : l’État a été condamné à lui verser 12 000 euros d’indemnités.

DES LOGEMENTS TEMPORAIRES


L’association s’efforce également de proposer des logements intermédiaires aux ménages en attente de solution de relogement. C’est par exemple le cas en Auvergne, à Saint-Éloy-les-Mines, où le Secours Catholique loue un logement social, le met à la disposition d’une personne accueillie et paie le loyer.

« L’idée est d’offrir un toit pour une durée limitée, le temps que la personne retombe sur ses pieds », explique Christian Malardier, référent logement de la délégation.

L’Association des Cités du Secours Catholique (ACSC), créée en 1990 à l’initiative du Secours Catholique et dont la mission est d’héberger, loger et accompagner des personnes en situation d’exclusion sociale, fait quant à elle de l’intermédiation locative : elle propose à des bailleurs privés la location de leur logement au profit de personnes démunies. Ces dernières sont sous-locataires pendant une période maximum de dix-huit mois.

Autre action de l’ACSC : l’accompagnement vers et dans le logement. L’association accompagne ainsi des personnes qui viennent d’obtenir un logement stable – et notamment des personnes qui bénéficient du Dalo – et leur donne des conseils avant et après l’entrée dans le logement pour les maintenir dans les lieux.



INTERPELLER LES AUTORITÉS

Surtout, afin de lutter contre le mal-logement, le Secours Catholique interpelle les autorités. « Il faut à la fois une nouvelle offre de logement privé et social avec des loyers abordables, et une mobilisation des 2,6 millions de logements vacants dans le parc privé », alerte Armelle Guillembet, responsable du département “De la rue au logement”.

Le CAU, Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement, dont le Secours Catholique est membre, a remporté une petite victoire avec la loi SRU qui oblige désormais les collectivités locales à proposer 25 % de logements sociaux.

Il faut dire que l’augmentation du coût des loyers pousse de plus en plus de familles à se rabattre sur le parc social. Cette mobilisation se fait également au niveau local : ainsi des groupes d’action citoyenne Dalo se sont mis en place pour faire entendre leur voix.

Par exemple à Courbevoie, où bénévoles et personnes reconnues prioritaires Dalo ont écrit au maire et au préfet pour dénoncer le retard du processus et demander la construction de logements sociaux.
++ O ++
Info Secours Catholique .org

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