::+:: Réfugiés, l’appel de l’Église catholique allemande



Qu’a dit exactement le cardinal Marx ?


Dans une interview publiée le 6 février dans le journal Passauer neuen Presse, le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich, affirme que « l’Allemagne ne peut accueillir tous les nécessiteux du monde ». « Il ne s’agit pas seulement de charité mais aussi de raison », explique-t-il.

« Comme Église, nous disons aussi : nous avons besoin d’une réduction du nombre de réfugiés. Non pas quand les gens sont à nos frontières, mais en aidant davantage leurs pays d’origine et les pays voisins »,déclare cette grande voix de l’Église allemande, qui insiste aussi sur la responsabilité de « la riche Europe ».

Interrogé sur « les limites à poser à la charité », le cardinal Marx répond toutefois que « la charité ne connaît pas de limite, tout comme le droit d’asile ». « Ceux qui posent le pied sur le sol européen doivent être décemment traités », rappelle-t-il, en reconnaissant dans son pays « un potentiel certain d’extrémisme de droite et de racisme » et disant son inquiétude devant cette « violence » croissante contre les migrants, y compris dans « les milieux bourgeois ».

Ces déclarations marquent-elles un revirement ?


C’est la première fois que le cardinal Marx parle ouvertement du besoin de réduire le nombre de migrants. Il répond en cela au débat très intense qui règne dans le pays sur la nécessité ou non d’imposer une limite.

Les membres du parti chrétien démocrate (CDU) ont réussi en décembre à faire accepter ce principe à la chancelière Angela Merkel, tenante, elle, d’une politique d’ouverture envers les Syriens.

Les chrétiens-sociaux de Bavière (CSU), plus conservateurs, poussent, eux, à une limitation stricte, par un système de quotas qu’ils n’ont toutefois pas encore réussi à imposer au gouvernement.


« Il est vrai que jusqu’à présent, le cardinal Marx n’avait pas argumenté sur la question d’une limitation du nombre de migrants », confirme-t-on au diocèse de Munich. « Mais cela ne signifie pas qu’il a changé d’avis. Il a déjà répété à plusieurs reprises que l’Allemagne ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde, ce qui est logique », rappelle un responsable du diocèse.

Le président de la Conférence épiscopale a en effet déjà exprimé cette position avant Noël dans les pages du quotidien Süddeutsche Zeitung. En septembre 2015, à Berlin, il appelait aussi l’Europe à choisir entre « une politique de rejet et une ouverture, avec une immigration régulée ».

Dans l’interview accordée le 6 février au quotidien de Passau, il renouvelle par ailleurs son soutien à la chancelière. « J’ai le plus grand respect pour Mme Merkel, pour sa politique, son courage et sa capacité à prendre ses responsabilités dans cette difficile situation. Elle n’agit pas naïvement mais de manière mûrement réfléchie », estime-t-il.

Delphine Nerbollier (à Berlin)
++ O ++
Info La Croix .com

Posts les plus consultés de ce blog

::+:: Découverte du siècle: le tombeau d'un souverain maya retrouvé

::+:: La seule religion d’Etat (4eS)

::+:: Les preuves historiques de l’existence de Jésus (3) : Témoignages externes sur les 4 évangiles