::+:: L’histoire du pèlerinage de Chartres, berceau de la dévotion mariale


Élevé sur un ancien puits païen, le sanctuaire de Chartres se dit volontiers le berceau historique de la dévotion mariale en France, en même temps que le pèlerinage national par excellence. Une tradition prétend que, avant même la naissance du Christ, les tribus gauloises des Carnutes y vénéraient déjà la « Vierge qui doit enfanter ».

C’est le don du voile de la Vierge au sanctuaire, par le roi Charles le Chauve (en l’an 876), qui suscite l’arrivée des foules pèlerines. La cité beauceronne devient un centre marial comparable à ce qu’est Lourdes aujourd’hui, mais certaines sources prétendent que son rayonnement reste plutôt régional, derrière Le Puy ou Rocamadour.

Des miracles y sont recensés, les malades affluent dans la crypte. D’autant que la ville se situe également sur deux autres grands chemins de pèlerinage : ceux de Compostelle et du Mont-Saint-Michel.

Le XIXe, siècle marial


La plupart des rois de France font le voyage de Chartres, et notamment Saint Louis. Henri IV y sera même consacré. Les maîtres spirituels français ne sont pas en reste, de saint Bernard à Bérulle, et de Vincent de Paul à Grignon de Montfort. L’engouement pour le lieu semble ensuite décliner, jusqu’aux saccages de la Révolution.

C’est au milieu du XIXe siècle qu’il renaît. Les foules viennent à nouveau en nombre lors du couronnement de Notre-Dame du Pilier (1855), de l’anniversaire de la consécration de la cathédrale (1860), du pèlerinage national de 1873 et du millénaire de la donation du voile (1876).

Les apparitions de La Salette, Lourdes et Pontmain, la définition du dogme de l’Immaculée Conception ont relancé le culte marial. Sur décision du pape, la cathédrale devient « basilique » pèlerine en 1908.

Bloy, Péguy, Maritain


Il ne faut donc pas s’imaginer que, quand Charles Péguy s’y rend en 1912 et 1913, le sanctuaire se trouve déserté de longue date. Il est vrai que les pèlerins n’y venaient plus guère à pied, et qu’en cela Péguy réactive la pratique médiévale de la marche à travers la Beauce.

Chartres exerce à cette époque un fort attrait sur les intellectuels et les convertis, accourus de Paris : Péguy donc, mais aussi Jacques Maritain, Ernest Psichari, Charles du Bos et, avant eux, Léon Bloy ou Joris-Karl Huysmans.

C’est dans le sillage de Péguy que naît, à partir de 1935, le grand « Pèlé étudiant » organisé originellement à la Pentecôte. Partant de Paris, cette route de Chartres réunira jusqu’à 15 000 jeunes avant 1968. La cathédrale s’établit désormais comme un élément majeur de la mémoire religieuse de la France, et la Vierge de Chartres comme la gardienne privilégiée de notre pays.

Pierre-Yves Le Priol pour le journal La Croix.com

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81ème Pèlerinage de Chartres les 18, 19 et 20 mars 2016.

Programme 

Dimanche 20 mars, en fin de matinée, tous les jeunes des diocèses d’Ile de France se retrouveront pour déposer leur sac dans les jardins de la cathédrale de Chartres. Ils se dirigeront alors vers « la Visitation ».

- De 12h00 à 14h00 : Pique-nique à « la Visitation » avec animation musicale du groupe « Tutti Christi »
- 14h00 à 14h35 : Bénédiction des Rameaux par les évêques d’Ile de France
- 14h45 à 15h15 : Procession dans les rues du vieux Chartres et entrée dans la cathédrale par la Porte sainte.
- 15h30 : Célébration de la Messe des Rameaux qui sera présidée par Mgr Michel AUPETIT, évêque de Nanterre, en présence des évêques des différents diocèses d’Ile-de-France.
- 17h15 : Fin de la messe

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