::+:: L'église passe en mode start-up


Le smartphone, nouveau centre de gravité de la foi des croyants connectés ? Presque… En présence de 500 personnes réunies dans la crypte de l'église Saint-Honoré-d'Eylau, à Paris, quatre créateurs ont profité de la première soirée Pitch My Church pour présenter leur concept en cinq minutes chrono. Une soirée organisée par un jeune de 24 ans, François Pinsac, suivie en direct et tweetée par une autre start-up, Noé 3.0, spécialisée dans la création de buzz en ligne, retransmise en live sur KTO. « Comme l'avait dit jadis le dominicain Louis Joseph Lebret, "Seigneur, envoie-nous des fous !" », commente Philippine de Saint-Pierre, directrice générale de la chaîne de télévision catholique. « Nous avons besoin de fous aujourd'hui. Mais il faut d'abord que l'idée soit utile, réponde à un besoin et s'inscrive authentiquement dans un service chrétien, de vivre en laïc responsable. Quel que soit le modèle de l'app, il s'agit bien de se mettre authentiquement au service. »
Confession géolocalisée

Imaginez l'ambiance classique du pitch de start-up (jeunes gens, jean, sweat, baskets, et chronomètre), mais avec Jésus au centre du business modèle : quand Tanguy Levesque ouvre la soirée, en présentant Géoconfess, le « Uber de la confession » destiné à trouver le prêtre le plus proche auprès de qui se confesser, c'est tout simplement le concept de géolocalisation qui se trouve mis au service de la religion. Il suffisait d'y penser… Prêtres et croyants s'inscrivent, tels chauffeurs et passagers de la foi ; les uns donnent leur adresse et leurs disponibilités les autres se connectent, et l'app fait le reste.
Facebook de la prière et quête digitale

Thomas Delanda, un HEC, a pour sa part imaginé Hozana, un Facebook de la prière, un réseau social destiné à prier ensemble. Un an après son lancement, il compte aujourd'hui 76 000 inscrits. Avec l'aide de cinq développeurs bénévoles, Hozana lance désormais son app sur iPhone. L'idée est simple : inviter, depuis l'application, ses proches et ses amis à prendre l'habitude de prier ensemble, où que l'on se trouve. « Qui a de la monnaie dans ses poches ? Qui a un smartphone ? » Le résultat est sans appel : il est plus simple, pour donner à la quête durant la messe, de sortir son smartphone que ses pièces jaunes ! La quête digitale,un geste pourtant pas si simple que cela dans une église. Mais une trentaine de paroisses se disent déjà intéressées par la quête 2.0 via smartphone, qui vient de lancer une levée de fonds en ligne via la plateforme Credofunding.
Un réseau social pour les SDF

Lors de cette soirée, on pouvait aussi écouter Jean-Marc Potdevin, ancien vice-président Europe de Yahoo!, présenter Entourage, un réseau social non confessionnel destiné à aider les SDF et ceux qui les accompagnent. « Ce n'est pas une appli, c'est un réseau social sous forme de réseau mobile. » Première étape : géolocaliser les maraudes façon Waze pour se coordonner, tout en faisant ses comptes rendus via une dictée vocale. « Cela permet aux acteurs des « maraudes » dans la rue d'avoir une vision globale pour détecter les zones non couvertes ou surcouvertes », explique son concepteur. Testé aussi bien auprès d'une paroisse parisienne qu'avec le Samu social à Grenoble, Entourage a déjà été rejoint par 11 associations dans 6 villes. L'application sera bientôt disponible sur Android et iPhone. « C'est évidemment une solution qui s adresse à des gens oeuvrant dans l'intervention sociale et le caritatif , mais elle n'est pas réservée aux chrétiens !, souligne l'ancien dirigeant de Kelkoo. Mais les chrétiens ont une vraie et belle tradition d'accueil des plus démunis. » Pas question pour autant de ne pas penser aux éventuelles dérives des solutions connectées : « Certains ont des craintes, par exemple sur le fait de géolocaliser les sans-abri. Ce n'est pas parce que l'on est dans la rue que l'on n'a pas le droit au respect de sa vie privée, que l'on peut faire un système de fichage. Gare aux fausses bonnes idées. C'est une population très fragilisée, il y a des prédateurs, de la violence, il faut faire très très attention. »
Ivénération via Periscope

L'église serait-elle en train de passer en mode start-up, de s'adapter à la vie connectée, centrée autour du smartphone ? Il semblerait bien. Ainsi ce samedi, les dominicains, qui fêtent tout de même cette année leurs 800 ans d'existence, organisent une « ivénération » des reliques de Saint Thomas D'Aquin à Notre-Dame de Paris. Déposer une intention de prière via un tweet, suivre en vidéo via Periscope… « C'est une première, confie le frère Salobir, promoteur général de l'ordre pour les communications sociales. Et le fait que cela se passe dans un monument comme Notre-Dame de Paris nous ouvre aussi sur le monde. Cela permet d'aller au-delà des seuls croyants. » Internet serait-il la nouvelle frontière de l'évangélisation ? « Tout le monde, n'importe où, peut avoir envie de déposer une intention de prière en ligne, ou de suivre l'événement en vidéo via le Web, estime le frère Salobir. Paradoxalement, aujourd'hui, alors qu'en France, on parle de limiter la foi à la sphère privée, ce qui est le plus privé est ce qui est le plus public via les réseaux sociaux. » En novembre dernier, l'ouverture du jubilé de l'ordre des Dominicains avait généré pas moins de 20 millions d'interactions via les réseaux sociaux, dont 8 millions de tweets, se plaçant même en tête des "trend topics" sur Twitter.
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Info Le Point .fr

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