::+:: La guerre en Syrie n’est pas près de finir


Le cessez-le-feu en Syrie, sous les auspices des États-Unis et de la Russie, que le gouvernement syrien a entériné cette semaine, est considéré par de nombreux spécialistes comme un grand pas en avant. Mais cet optimisme ne tient pas compte d’une des causes principales de la guerre – la lutte entre le Sunnisme et le Chiisme.
Les Musulmans sunnites représentent environ 85% des Musulmans dans le monde, et les Chiites 15% seulement. L’Occident a clairement opté en faveur des Chiites, misant sur la minorité et méprisant la majorité écrasante, comme en témoigne l’accord entre l’Iran chiite et l’Occident, ainsi que le soutien inconditionnel qu’apporte la Russie au régime d’Assad et à son patron iranien. Les États sunnites, et l’Arabie saoudite à leur tête, considèrent que l’Occident les a trahis, et estiment avec raison que l’Iran représente pour eux un danger existentiel : le régime des Ayatollahs vise à imposer l’Islam chiite au monde musulman, et dans un deuxième temps à toute l’humanité. Même les efforts de compromis dans le passé de savants sunnites, et à leur tête le maître spirituel des Frères musulmans, le cheikh Qaradhawi, se sont soldés par un échec, et n’ont pas réussi à freiner les ambitions iraniennes.
Le monde sunnite ne pourra en aucune manière accepter la tentative iranienne d’étendre son hégémonie du Yémen au Liban. L’Arabie saoudite a récemment pris une série de mesures dans ce sens : après que le Hezbollah a critiqué leur royaume, les Saoudiens ont interrompu leur aide financière de trois milliards de dollars d’armement pour les troupes libanaises. L’Arabie saoudite n’a pas hésité à mettre à mort un dirigeant spirituel chiite qui avait critiqué son gouvernement, ce qui a entraîné des Iraniens à brûler l’ambassade saoudienne à Téhéran. En représailles, l’Arabie saoudite et d’autres États sunnites ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’Iran. Les Saoudiens ont aussi réussi à mettre en place une coalition sunnite qui combat les Chiites au Yémen.
En ce qui concerne la guerre en Syrie, le ministre des Affaires étrangères saoudien a déclaré qu’il fallait faire tomber le régime d’Assad, quitte à employer la force, et que c’était un devoir d’équiper l’opposition de missiles sol-air. L’État islamique et le front al-Nosra, branche syrienne d’al-Qaïda, règnent sur une grande partie du territoire syrien, et n’ont pas entériné l’accord de cessez-le-feu. Ils considèrent les Chiites comme des hérétiques, qu’il est de leur devoir de supprimer. La semaine dernière, les soldats de l’État islamique ont tué plus de 150 Chiites dans la banlieue de Damas. Dans un des magazines qu’il publie, l’État islamique a décrit les Chiites comme « des Juifs qui sont rentrés dans l’Islam pour y répandre leur égarement », et comme des Infidèles qu’il faut mettre à mort. Pas de doute, en conséquence, que les Sunnites continueront de se battre contre les Chiites et les Alaouites en Syrie. Les Chiites, soutenus par l’Occident, viseront à détruire l’État islamique et le front al-Nosra, et de leur côté les États sunnites soutiendront ces organisations, le seul mur les protégeant sur le terrain face aux ambitions du régime des Ayatollahs. Comme les précédents, ce cessez-le-feu a très peu de chances de réussir.

Ephraïm Herrera est docteur en histoire des religions, diplômé de la Sorbonne et vient de publier « Les maîtres soufis et les peuples du livre » aux Éditions de Paris, ainsi que « Le Jihad, de la théorie aux actes » et « Étincelles de Manitou » aux éditions Eliana.
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