::+:: «Il faut aller à la rencontre de l’autre et s’écouter»


Le Théâtre Télébec de Val-d’Or était bondé de jeunes de secondaire 1 à 5 venus entendre l’auteur, interprète, acteur et photographe qui écrit présentement son 4e album et cumule 10 ans de carrière musicale.


Samian a d’abord raconté son parcours difficile à se faire rejeter puisqu’il vivait avec trois personnalités: Amérindien par sa mère, Québécois par son père et chrétien par sa famille d’accueil.

«À 32 ans, j’ai appris par la spiritualité et la foi à être en paix avec qui je suis. Je fais de la musique depuis 10 ans pour conscientiser le plus de gens à être fiers de ce qu’ils sont. J’ai la chance de voyager partout dans le monde et je porte fièrement mes couleurs autochtones. Je représente aussi le Québec et mon but demeure de devenir un pont entre les Premières Nations et les Québécois. Il faut apprendre à écouter l’autre, aller à sa rencontre et à poser les questions pour se connaître», a invité l’artiste originaire de Pikogan.

Différents, mais semblables


«Je vais choisir des jeunes au hasard et je vous demande de me dire ce qui vous différencie des autres ici. Je veux aussi entendre un défaut et une qualité chez les Autochtones et chez les Québécois», a demandé Samian aux élèves. Le but de l’exercice a été de leur faire réaliser les ressemblances qui les unissent.

Les clichés d’Indiens saouls sur la 3e Avenue à Val-d’Or et le racisme et l’individualisme chez les Blancs sont bien sûr ressortis. Un élève de Kitcisakik a aussi ému le public lorsqu’il a affirmé que sa plus grande peur était de tomber dans l’alcool. «Je suis content de voir qu’à ton jeune âge, tu es déjà conscientisé à cette problématique. Il s’agit d’un fléau dans les communautés», a répliqué Samian.

Ce dernier a repris la parole pour s’adresser à tous. «Il s’agit d’un exercice simple de laisser la parole aux Blancs et aux Autochtones. Réalisez-vous qu’il n’y a aucune différence entre nous?, a-t-il mis en lumière. L’humour nous rassemble et on a tous les mêmes peurs. Il n’y a pas de couleur pour s’aimer, pour haïr et pour absolument rien. Ensemble, on a beaucoup plus en commun que des différences. L’amour peut faire un énorme changement dans l’avenir du Québec. Cela passe par vous dans les écoles. Vous êtes les prochains citoyens de la société et vous ferez avancer le Québec», a affirmé Samian.

Avancer et pardonner


«On est bourrés de préjugés l’un par rapport à l’autre parce qu’on ne se connaît pas. Ce que l’on a entendu récemment sur les femmes autochtones et des policiers de Val-d’Or existe depuis longtemps et ailleurs. On commence à se réveiller et à parler des Premières Nations. En tant qu’Autochtone, je vois cela comme une étape de la vie où l’on doit faire preuve de résilience. Pas oublier, mais apprendre à vivre avec ce passé. Le pardon libère», a philosophé Samian.

«La Loi sur les indiens a été implantée en 1876 au Canada. Cela représente la plus grosse cassure culturelle où on leur a interdit de parler leur langue, on leur a coupé les cheveux, lavé la peau à l’eau de javel, fait des viols et des abus physiques durant 100 ans. Le mal de vivre dans les communautés part de blessures très loin et très profondes. Les réserves font en sorte de renfermer les Autochtones sur eux-mêmes. Sortez de là. On n’est pas faits pour vivre dans des enclos», a lancé le rappeur.
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Info L'écho Abitibien.ca

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