::+:: Église catholique et laïcité : une clarification urgente


La laïcité et sa fonction de régulation des différents courants de pensée et religions au service de la paix civile et des valeurs de la République est, encore une fois, attaquée. Ce n’est pas seulement le fait d'extrémistes de tous bords. La position de l’Église catholique elle-même, en dépit de son discours officiel, n’est pas aussi claire qu’elle tend à le faire accroire. 

On l’avait déjà constaté lors du vote de la loi Taubira, ou lors de l’adoption au parlement de textes relatifs à l’éthique médicale concernant la fin de vie, ou l’IVG, la bioéthique ou les programmes scolaires sur l’identité sexuée, la tentation est toujours présente de vouloir ériger en absolu ses propres valeurs et conceptions de la vie en société.

J’en veux pour preuve l’interview donnée au Figaro le 24 décembre dernier par le cardinal Barbarin : « À ma connaissance, les responsables politiques n’ont pas pour mission de changer la société, ni la civilisation, encore moins la nature humaine, la responsabilité qui leur est confiée, c’est de donner à la société les meilleures conditions d’une vie commune : l’emploi, la santé, la sécurité, l’éducation, les transports, de sorte que chacun ait la liberté et les moyens de réaliser sa vie et les projets qui lui tiennent à coeur. »

Parler ainsi, c’est dénier au politique la légitimité pour oeuvrer à l’avènement d’une société plus juste et plus humaine pour que les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ne soient pas seulement des incantations inscrites aux frontons de nos mairies et de nos écoles, mais puissent se traduire concrètement pour renforcer la cohésion de notre société et la qualité de notre vie commune.

Parler ainsi, c’est ignorer que la France n’est pas une juxtaposition de communautés qui cohabitent d’autant mieux qu’elles s’ignorent et ne souhaitent rien partager. La paix civile étant assurée par un État réduit au seul rôle de fournisseur de moyens pour assurer cette paix. 

Parler ainsi, c’est oublier que la France est une seule communauté nationale forte de la diversité de nos origines et de nos courants de pensée et religions. C’est oublier que la France est un projet de vie commune, pour lequel nous sommes unis par la conscience de cette communauté de destin autour de valeurs de la République qui ne nient pas les valeurs religieuses mais les transcendent : liberté, égalité, fraternité.

Peut-être ne faut-il voir dans cet extrait que le retour du refoulé d’un inconscient collectif clérical n’ayant pas renoncé à régir toute la société au nom de ses propres valeurs érigées en absolu parce que revêtues de l’onction divine ? Peu importe. Dans le contexte qui est le nôtre, cette déclaration qui met gravement en cause les fondements de notre contrat social est pour le moins inopportune.

Aujourd’hui, l’Église catholique doit sortir de l’ambiguïté dans laquelle elle se complaît depuis trop longtemps. Elle doit renoncer à la tentation de s’inscrire toujours dans un rapport de force avec la République, perçue comme une concurrente. C’est une question de responsabilité. À l’heure des attentats aveugles contre les valeurs qui donnent sens à notre vie commune, c’est aussi et d’abord une question d’éthique.
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Info Témoignage Chrétien .fr

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