::+:: Un an après, Charlie Hebdo choque les croyants

Le dessin de Riss en Une de Charlie Hebdo ce mercredi 6 janvier, tiré à un million d’exemplaires.
Photo Julio PELAEZ
Un an après l’attentat qui a décimé sa rédaction, l’hebdomadaire sort un numéro spécial mercredi. Sa Une satirique s’en prend, sans surprise, aux religions. Les réactions sont déjà vives.

C’est un Dieu barbu en toge et sandales, le regard méchant et les mains ensanglantées, Kalachnikov en bandoulière, qui s’enfuit. « 1 an après, l’assassin court toujours », c’est le titre de ce dessin de Riss, qui figure en Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, tiré à un million d’exemplaires et qui sort mercredi. Postée dès dimanche soir, cette caricature d’un Dieu multiconfessionnel est accompagnée d’un édito de Laurent Sourisseau, alias Riss, blessé lors de l’attaque du 7 janvier 2015.

Le directeur de la publication et de la rédaction y dénonce « les fanatiques abrutis par le Coran », ou « les culs-bénits venus d’autres religions ». Le propos anti-religieux est assumé, le clou enfoncé. « Les convictions des athées et des laïcs peuvent déplacer encore plus de montagnes que la foi des croyants », écrit celui qui a succédé à Charb, assassiné il y a un an à ses côtés, et qui en perpétue la ligne éditoriale. Au-delà des attaques contre la religion, Riss retrace dans son édito la vie de Charlie sous les menaces, puis la journée du drame. Cette sinistre matinée où huit de ses collègues (Wolinski, Cabu, Tignous, Charb, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat, Moustapha Ourrad) sont tombés sous les balles des frères Kouachi.

« Nous avons marché pour lui »

Alors que de nombreux hommages officiels se préparent, cette illustration et ces propos suscitent déjà des remous parmi les communautés religieuses. « Ce Dieu ne ressemble pas à celui auquel je crois, celui des chrétiens est désarmé, apporte un message de paix », nous a expliqué l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, du diocèse de Versailles, très (ré)actif sur les réseaux sociaux. « Le plus embêtant est l’édito : il est dangereux d’opposer les athées et les croyants en laissant penser que les seconds auraient une responsabilité dans la violence ».

Des « croyants » ont même été visés, comme ceux, Juifs, de l’Hyper Cacher. « Le 13 novembre », poursuit le prêtre catholique, « les terroristes n’ont pas fait le tri entre les deux ». L’abbé Grosjean affirme que « ce n’est pas la religion qui tue, mais le fanatisme, et même si Charlie ne nous faisait pas toujours rire, nous avons marché pour lui, et parmi ceux qui ont pleuré il y avait des croyants ». Même son de cloche et déception du côté du Conseil français du culte musulman. « Par les temps qui courent, l’ensemble de la communauté nationale avait plutôt besoin de signes d’apaisement et de concorde, et qui a été fait n’y contribue pas, c’est une occasion ratée », déplorait hier son président, Anouar Kbibech. « Ce dessin, malvenu, est médiocre sur la forme -est-ce un Père Noël en déconfiture ?- et sur le fond, personne, toutes religions confondues, ne se reconnaît dans ce Dieu dessiné. Les croyants vont traiter cette attitude par l’indifférence, voire le mépris ». Dans le monde politique, de rares voix se sont élevées. Beaucoup ont défendu la liberté d’expression de l’hebdo satirique. Comme Benoist Apparu (Les Républicains) sur BFMTV : « C’est dans leur ADN de provoquer, de celui de la France, et il faut accepter ces caricatures sans difficulté aucune ».
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Info Le Dauphiné .com

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