::+:: Quelle place pour la religion dans la cité?

Pour Jean-Philippe Schreiber (ULB) (à g.), « la religion est au cœur de la société
 et Bruxelles n’échappera pas à ce que son pluralisme sera aussi religieux ».
 © Pierre-Yves Thienpont

Assiste-t-on à un retour du spirituel, du religieux, dans nos sociétés sécularisées ? Le Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité de l’ULB mène au quotidien ce travail de veille quant à l’évolution de la place des religions dans nos cités. Un travail académique qui trouvera un prolongement public les 29 et 30 janvier prochain, à Flagey, en partenariat avec « Le Soir » et la RTBF.


Deux journées de débats dont la mise en œuvre a précédé les attentats de « Charlie Hebdo », mais dont l’actualité récente renforce la pertinence. Quelle est la place de la religion, de Dieu ou des dieux dans nos sociétés ? Quel rôle joue le spirituel dans notre quotidien ? Vaste et ô combien important débat, alors que les crispations identitaires, la perte de sens et de grands repères, l’affaiblissement des cadres de références et de valeurs communs menacent le vivre ensemble. « Nous vivons ce paradoxe qui veut qu’à un moment où la sécularisation de nos sociétés n’a jamais été aussi forte, partout on parle de religion, constate Jean-Philippe Schreiber, historien des religions à l’ULB, à l’origine du projet. La religion est souvent conservatrice, elle bride la liberté d’expression. Cette agora citoyenne va interroger ce sujet sensible, avec liberté pour aller au-delà des débats politiques conjoncturels et se demander : comment construire des valeurs communes dans des sociétés qui se fragmentent ? »

L’idée centrale de ce projet est de parler de religion en croisant les points de vue, expliquent les organisateurs, de manière à décrisper un sujet sensible et chargé de passions diverses, en faisant appel à la musique, au théâtre, aux arts plastiques, pour lui offrir un souffle créateur.

Ces deux journées ont été conçues autour de huit débats, dont vous trouverez le détail ci-dessous. Parmi les intervenants, épinglons la présence de la politologue et sociologue Dominique Schnapper, du philosophe des religions Abdennour Bidar, de l’islamologue Tariq Ramadan ou du débat – une première – entre le nouveau primat de Belgique, Jozef De Kesel, et le président du Centre d’action laïque Henri Bartholomeeusen.
Culture et spiritualité

L’art joue sans conteste un rôle éminent à jouer dans ce lien social à retrouver, cette spiritualité moderne. C’est la raison pour laquelle Flagey s’est associé au projet, comme l’explique Gilles Ledure, son directeur général : « La question de la spiritualité touche de très près le monde de l’art. On le constate tous les jours, les publics cherchent aujourd’hui davantage que du divertissement dans la culture, ils y cherchent une forme de communion, de spiritualité ». Il sera donc très présent, sous différentes formes, à travers toute la programmation.

Le samedi par exemple, Abd al Malik, figure du rap et poète, proposera sa création intitulée « L’art et la révolte », inspirée de l’oeuvre d’Albert Camus. Une série de visuels réalisés par les étudiants de La Cambre et de l’ULB et disséminés dans les espaces de circulation de Flagey permettront au public d’en apprendre sur les religions dans le monde. Dimanche, c’est par un stand-up rassemblant un large panel de comédiens belges que se clôturera le festival.

Autre particularité, le public sera étroitement associé aux débats. Il aura notamment la possibilité de débattre directement avec plusieurs intervenants, lors de séances de questions-réponses organisées en marge des débats. Les jeunes sont particulièrement visés par la programmation. 300 élèves d’écoles secondaires bruxelloises participeront aux débats.

« La religion dans la cité est un sujet d’actualité très fort, avec la question de la place du voile dans l’espace public, l’euthanasie, Charlie Hebdo, etc. Il était donc évident pour nous de s’associer à cette initiative, explique Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir. Il est important pour un journal comme le nôtre de sortir parfois du suivi de l’actualité pour se donner le temps de la réflexion et offrir la possibilité au public de débattre des sujets importants. Et le fait d’organiser ces débats en dehors de l’espace médiatique leur donne une autre atmosphère et permet un mélange des genres qui les rendent encore plus riches. »
++ O ++
Info Le Soir .be

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