::+:: L’Église nord-irlandaise vent debout contre la libéralisation de l’avortement


Une décision qui ne passe pas. Depuis le 30 novembre, l’Église catholique d’Irlande du Nord tente de faire annuler un jugement de la Haute cour de Belfast.

Saisie par la Commission nord-irlandaise des droits de l’homme, cette juridiction avait déclaré que l’interdiction d’avorter pour les femmes victimes de viol, d’inceste ou dont l’enfant est atteint d’une malformation létale du foetus, constituait une atteinte aux droits des femmes, citant l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, relatif au respect de la vie privée et familiale.

Depuis, l’Église catholique presse le procureur général de faire appel de cette décision.

En Irlande du Nord, l’avortement est autorisé jusqu’à neuf semaines de grossesse, et seulement dans le cas où cette grossesse présente un danger pour la vie de la mère ou sa santé physique ou mentale. Les femmes qui avortent en dehors des conditions prévues par la loi et le médecin risquent jusqu’à la prison à perpétuité.

DES DÉSACCORDS DE FOND

L’Église désigne deux points particuliers dans la décision de la Haute cour. Si Tim Bartlett, secrétaire du Conseil catholique pour les affaires sociales, cité par le Guardian, reconnaît que le viol est « le pire des crimes », il estime néanmoins que « la solution n’est pas de prendre la vie d’une troisième personne ».

L’Eglise met aussi en cause « l’avis du juge selon lequel il n’y a aucune vie à protéger dans les cas de malformation létale du foetus ». Elle préfère parler de « conditions qui limitent la vie ». « Nous travaillons avec des femmes dont les enfants ont une durée de vie limitée, ces enfants peuvent vivre quelques heures, quelques jours, quelques semaines, quelques mois, ou même quelques années. L’enfant est vivant, et il mérite d’être protégé », affirme encore Tim Bartlett.

UNE LÉGISLATION TRÈS STRICTE

L’avortement est un sujet particulièrement sensible en Irlande du Nord, qui demeure parmi les pays les plus restrictifs d’Europe. Cette législation a poussé de nombreuses femmes à avorter en Angleterre (59 614 depuis 1970, selon Amnesty International). Depuis une décision de la Haute cour de justice de Londres, rendue en mai 2014, elles ne peuvent plus avorter gratuitement en Angleterre, en profitant du système de santé publique.

Après avoir dénoncé dans un rapport de janvier 2015, la législation « draconienne » de l’Irlande du nord, Amnesty International s’était félicité de la décision de Belfast, saluant « une décision historique et un grand pas en avant ».

Si la décision de la Haute cour a une forte portée symbolique, elle ne comporte aucun effet contraignant, le parlement régional étant libre de la traduire ou non en droit.
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Info La Croix .com

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