::+:: "Pourquoi je déteste Noël"


Si chaque année la plupart des familles se réunissent le soir du réveillon de Noël, beaucoup déplorent les obligations autour de ce moment. Pour certains, c'est même un vrai calvaire. Laura, Virginie, Simba et Mylène sont de jeunes adultes, sans enfant, qui détestent fêter le réveillon. Ils expliquent pourquoi.

"En offrant les cadeaux, ils annoncent le prix" 

Virginie, 23 ans. "Plus le temps passe, plus je déteste Noël. A l'origine, nous sommes une famille recomposée donc, comme dans toutes les autres familles dans cette situation, ce n'est pas évident de voir tout le monde à la fois, et de tous les contenter. Le 24 au soir, on est sept, le 25, on est 14 et le 26, on est 22. Du coup, fêter Noël est plus une corvée qu'un plaisir. On enchaîne les repas, les cadeaux. Chaque jour, il faut être sur son 31 pour la traditionnelle photo qui donne l'impression d'être une famille très unie, bien que ce ne soit qu'une apparence. Finalement, on a le sentiment que les gens viennent uniquement pour recevoir des cadeaux et non pour passer un moment en famille, qui est, selon moi, censé être l'esprit des fêtes. 


Chaque réveillon est un concours de cadeaux. C'est à qui offrira le plus beau, et surtout le plus cher. J'ai deux nièces de sept et quatre ans. Elles n'ont pas la notion de l'argent et des artifices. Les enfants s'en foutent que leur cadeau coûte un bras. Pourtant, certains membres de la famille les couvrent de vêtements de marque. L'an dernier, l'une des petites a reçu une maison Playmobil à 200 euros, et celui qui lui a offert a annoncé le prix. C'est bien la preuve que Noël est devenu quelque chose d'incroyablement commercial. Les chants de Noël me font plus penser aux magasins qu'à la magie de mon enfance. Ça a perdu tout son sens. La preuve, ma nièce le passe dans son coin à jouer sur son iPod Touch dernier cri, au lieu de profiter avec nous. 

Et puis, c'est dommage que l'on ait besoin d'un jour particulier pour réunir les gens qu'on aime et leur faire plaisir. D'autant que ma maman est très malade. J'ai l'angoisse de me dire que c'est peut-être le dernier Noël où elle est parmi nous et je suis en colère lorsque je pense au fait que ceux qui s'assiéront à sa table n'ont pas fait l'effort de lui rendre visite pendant toute cette année. Je me souviens d'une époque où Noël prenait tout son sens lorsqu'on décorait le sapin en famille. C'était, en soi, un merveilleux cadeau. Mais aujourd'hui plus personne n'a le temps." 

"Le soir du réveillon, je reste seul"

Simba, 23 ans. "Ma mère est décédée il y a dix ans. Depuis, le reste de ma famille m'a abandonné. Du coup, j'ai oublié les autres Noël, ceux d'avant, tant je n'ai plus envie de repenser à cette famille. Comme beaucoup, et puisque la magie ne suit pas, je ne vois que l'aspect commercial de cette fête alors je reste chez moi le soir du réveillon. Je m'enferme dans ma bulle. D'ailleurs, je suis sûr que la plupart des gens font semblant d'oublier leurs problèmes à Noël. C'est de l'hypocrisie. 

A l'heure d'aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas. Peut-être que, plus tard, lorsque j'aurai ma propre famille, j'aurai l'envie de me laisser embarquer par cette soit-disant magie de Noël, mais ça ne sera surement pas mon initiative."
 

"On en fait des tonnes... jusqu'à 21h30"

Laura, 23 ans. "Dans ma famille, nous ne sommes pas très nombreux. Et encore, c'est un euphémisme puisqu'au réveillon il n'y a que mes parents et moi. Du coup, nos Noël ne ressemblent pas à tout ce qu'on imagine : pas de longues tablées, ni de dispute autour de la dinde ou de repas qui finissent à trois heures du matin. Le reste de la famille est disséminé un peu partout en France. Le 24, chacun fête dans son coin. Même mes grands-parents qui sont dans le Nord. Chaque année, je pense à eux à ce moment de l'année. Ils vieillissent, mais passent les fêtes seuls, sans leurs enfants et leurs petits-enfants, ce qui n'est pas évident pour eux. Ça me fait beaucoup de peine. 


Pendant ce temps, nous faisons ce simulacre de repas de Noël avec tout ce qui va avec. La maison est décorée du sol au plafond. On mange du foie gras, des huîtres, des toasts et tout le toutim, histoire de faire comme tout le monde... Mais à 21h30, tout est fini et chacun retourne à ses occupations malgré les efforts de ma mère qui s'est mis une pression d'enfer pour préparer ce repas gargantuesque. Si elle n'était pas là, on ne ferait sans doute rien avec mon père. D'ailleurs, l'an prochain, je pense que je partirai en vacances pendant cette période, pour ne pas revivre encore tout ça." 

"Derrière les sourires, on sent le mal-être" 

Anna, 29 ans. "Ce que je déteste, ce n'est pas Noël, mais toutes les pressions normatives qui en découlent. Tout le monde est là, à faire semblant d'être heureux d'être en famille alors qu'on les voit à peine le reste de l'année. On se sent obligé de faire comme si tout allait bien, soigneusement choisir les mots qu'on emploie au cours des conversations, et pour ne froisser personne, et éviter certains sujets. Il ne faut surtout pas faire de vague le soir du réveillon, même s'il ne laisse pas un ami, pourtant invité, passer le pas de la porte sous prétexte qu'il ne correspond pas aux standards de la famille (oui, c'est réellement arrivé). Puis, l'alcool aidant, ça part parfois par partir en vrille. 

Je travaille dans un commerce les gens ne viennent pas acheter des cadeaux parce qu'ils ont envie de faire plaisir aux autres, mais uniquement parce que c'est d'usage à Noël. Ils s'y sentent obligés. On le perçoit dans l'agressivité des clients. Derrière les sourires, on sent encore plus le mal-être ambiant."
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Info L'EXPRESS .fr

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