::+:: A Paris, les communautés religieuses ouvrent leurs portes




À Barbès, par ce samedi pluvieux, la foule se presse. Ni le mauvais temps, ni l’état d’urgence n’ont empêché les commerçants d’ouvrir leurs échoppes sur le marché. Dans les troquets aussi, l’ambiance est animée. Au menu, sandwichs et soupes marocaines. À quelques mètres de là, au troisième étage d’un immeuble anonyme, d’où entrent et sortent de nombreux enfants, Sœur Leve tient sa porte grande ouverte. L’intérieur, sobre et accueillant, donne sur la rue. C’est là qu’elle vit depuis de nombreuses années avec une autre religieuse, belge comme elle.

Comme bien d’autres communautés implantées à Paris, les Petites Sœurs de Nazareth, branche flamande de la famille spirituelle de Charles de Foucauld, ont accepté ce samedi d’ouvrir leurs portes, dans le cadre de l’Année de la vie consacrée.

« Nous menons la vie des gens d’ici, explique Sœur Leve aux visiteurs réunis dans son salon. Je travaille comme agent en milieu hospitalier, et je participe aux activités du quartier, de la paroisse, en cherchant à nouer des liens d’amitié avec ceux qui nous entourent. »


« PROCHES DU MILIEU OUVRIER ET DES PLUS DÉMUNIS »

Par leur vocation spécifique, ces religieuses se veulent « proches du milieu ouvrier et des plus démunis ». La sonnette de la porte retentit. « Ce doit être un de nos amis. » Car chez les Petites Sœurs, les gens de l’immeuble et du quartier, multiculturel et multireligieux, savent qu’ils peuvent venir quand ils le souhaitent. Qui pour partager un repas, qui pour prendre une douche, ou simplement pour partager un moment.

Pour la religieuse belge, cette journée est aussi l’occasion de partager un temps de prière, et de connaître les autres communautés qui se trouvent sur la paroisse Saint-Bernard de la Chapelle. Ainsi, les Servantes de Jésus sont venues en voisines faire connaissance avec leur charisme. « Aller chez quelqu’un, ce n’est pas la même chose que de se voir à l’extérieur », assure l’une d’elles.

Car la vie religieuse au cœur des paroisses reste trop peu connue. Pendant le Carême, le curé de Saint-Bernard, le P. Livio Pegoraro, lui-même membre de la communauté italienne des Scalabriniens, a proposé aux communautés de se présenter. Les Scalabriniens (Congrégation des missionnaires de Saint-Charles-Borromée) comptent 750 prêtres dans le monde entier. Autour d’un café et de pâtisseries orientales – quartier oblige – ils racontent aux paroissiens leur charisme au service des migrants.


L’ACCUEIL FAIT PARTIE DE LEUR MISSION

Un peu plus haut sur la Butte, les bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre ont, elles aussi, ouvert leurs portes. L’accueil ici fait partie de leur mission, pour des temps de « lectio » ou des retraites, mais les religieuses ne sont guère habituées à parler d’elles-mêmes et de leur vie. Deux d’entre elles reviennent sur leur charisme : l’adoration du Sacré-Cœur. « Je viens souvent à Montmartre, mais j’étais curieuse d’entendre les sœurs parler autrement de leur vocation, de leur quotidien », explique Maryline, membre de la « Compagnie des laveurs de pieds », un groupe d’étudiants et de jeunes professionnels attachés à la basilique.

« Vivre ici, c’est n’avoir plus que Dieu », explique une religieuse tout sourire, devant quelques personnes ayant bravé les bourrasques s’abattant sur Paris. « On parle souvent de la vie religieuse en termes de restrictions. Mais nous avons tout choisi », souligne-t-elle. « Tout ce que nous avons contemplé, nous voulons le partager », reprend sa voisine.

Marie-Clotilde interroge : « Comment avoir la paix face aux événements tragiques de ces derniers jours ? » « La paix, ce n’est pas le calme plat, répond une bénédictine. On porte parfois des intentions qui sont dures, qui nous affectent, mais avec la certitude que Dieu nous conduit. »

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Info La Croix

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