::+:: Mgr De Kesel sous le feu des critiques après ses propos sur l'euthanasie



Le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr De Kesel, fait beaucoup parler de lui, après l'interview qu'il a donnée le week-end dernier au quotidien flamand Het belang van Limburg. Au journal, qui lui demandait son point de vue sur des questions éthiques comme l'euthanasie et l'avortement, l'archevêque a répondu: "Je pense que nous avons le droit de décider de ne pas les pratiquer, au niveau d'une institution. Je pense par exemple à nos hôpitaux". 

Le premier à réagir, à la VRT, a été le professeur Wim Distelmans, défenseur du droit à l'euthanasie. "Je trouve étonnant que Monseigneur De Kesel pense que les hôpitaux ont le droit d'adopter un point de vue moral, alors qu'ils sont financés par les pouvoirs publics. Qu'ils soient catholiques ou non, ils sont financés par la communauté". 

Du côté francophone, Philippe Mahoux (PS), chef de groupe au Sénat, ne s'étonne guère de la position adoptée par l'Eglise catholique. Pour lui, il s'agit d'"une position qui est bien connue"; il n'imaginait pas que quiconque dans la hiérarchie de l'Eglise catholique puisse tenir un propos différent.

Or, ajoute Philippe Mahoux, "il s'agit d'une interprétation qui est fausse": la clause de conscience prévue par la loi est individuelle, et une institution hospitalière dans son ensemble ne peut s'en prévaloir. "La loi est valable pour l'ensemble des citoyens, et personne ne peut se soustraire à la loi, d'autant plus que ces hôpitaux sont financés par la collectivité". 

Même tonalité de la part de la présidente du Sénat, Christine Defraigne (MR) : "Les travaux préparatoires de la loi sur l'euthanasie ne font aucun doute. La liberté de conscience ne s'applique pas à un organisme hospitalier."

Jacqueline Herremans, présidente de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) et membre du Comité consultatif de bioéthique, s'étonne à titre personnel des propos de Mgr De Kesel: "On s'était félicités de son arrivée ; il apparaissait comme un homme d'ouverture et j'avais fondé pas mal d'espoirs sur lui. Je ne m'attendais pas à de tels propos." 

Jacqueline Herremans fait référence à l'une des positions rendues dans un avis du Comité de bioéthique, du 27 janvier 2014 (avis n°59) : un hôpital ne peut avoir une politique globale de refus de l'euthanasie au nom de la clause de conscience. Cela serait contraire à la liberté thérapeutique du médecin. Par ailleurs, cela contreviendrait au respect de l'autonomie du patient, qui a droit à des soins de qualité au sens de l'Organisation Mondiale de la Santé (le bien-être au sens large). 

Autres réactions, du côté politique néerlandophone, celles-là, et de même type, à lire dans la presse néerlandophone: le député flamand Jean-Jacques De Gucht (Open VLD), déclare au quotidien De Standaard: "Les hôpitaux catholiques vivent des subsides et doivent respecter la loi". 

A la N-VA, la députée fédérale Valérie Van Peel évoque une "grave erreur de raisonnement" de la part de l'archevêque. "Un médecin ne peut pas être forcé à titre individuel de pratiquer une euthanasie, mais chaque institution doit en offrir la possibilité à tous les patients qui se présentent".
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Info RTBF .be

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