::+:: La chronique de... père Guy Gilbert



« L’écologie est entrée dans ma vie quand j’avais 13 ans, alors que je venais d’arriver au séminaire. Dans le jardin, je cultivais des tomates, des radis… Mais en Charentes-Maritimes, difficile de faire mûrir mes tomates, alors je me contentais des radis ! J’ai toujours eu un profond respect et un profond amour pour la Nature, mais c’est avec les jeunes en difficulté, il y a environ 20 ans, que j’en ai fait l’une de mes priorités. Quand on a commencé à travailler avec eux, à la « Bergerie des faucons », dans le Sud de la France, je me suis rendu compte que ces gamins des villes traitaient la nature comme une poubelle : ils jetaient tout par terre, clopes, canettes, papiers gras… 

Ils n’avaient aucun respect pour la nature, aucune connaissance : ils arrachaient la racine des fleurs au lieu de cueillir, coupaient des petits arbres alors qu’il fallait les laisser grandir. Je ne leur reproche pas leur ignorance. Nous sommes tous des menteurs et des enfoirés, lorsqu’il est question de respecter la Nature. Je le dis à chaque fois que je récite le Credo dans les églises : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible ». 

Nous sommes des enfoirés avec nos enfants ! Quelle terre allons-nous leur laisser ? Que restera-t-il de cette planète dans 50 ans ! Il ne suffit pas de réciter des prières, lorsque l’on est croyant. Il faut aussi les comprendre et les mettre en pratique, alors à chaque fois que je dis une prière, je la décrypte. A la Ferme, nous avons des règles strictes en matière de respect de l’environnement. 3000 personnes viennent chaque année nous rendre visite, il y a 130 bêtes dans la bergerie et ça sent bon ! 

Le public est unanime, les lieux sont parfaitement propres, rien ne traîne. Je déteste autant les déchets sauvages que le gaspillage. Ca aussi, c’est un principe simple que nous inculquons à nos jeunes : lorsque je dis le bénédicité, j’ajoute, « Seigneur, donne faim à ceux qui ont du pain. » Les jeunes ont le droit de manger autant qu’ils veulent à la Bergerie, à une condition, c’est qu’ils finissent leurs assiettes. 

Je déplore autant le manque de bon sens que d’action des politiques en matière d’écologie. Les gouvernants sont déchirés entre poids des lobbys et urgence écologique. 

Mais rien ne bouge et j’ai peur qu’on soit assez cons pour ne pas voir la catastrophe écologique qui va s’abattre sur nous si on ne fait rien. La crise migratoire que l’on connaît actuellement n’est rien à côté de celle que les bouleversements climatiques nous réservent ! Il faut agir et pour agir, il faut contraindre, je pense. L’humain est ainsi fait, hélas, il ne se plie aux règles que lorsque la punition menace. Regardez les bars, les avions : on fumait comme des pompiers là-dedans avant. Désormais, cela ne nous vient même plus à l’idée. Preuve que la contrainte est efficace ! Un croyant se doit d’être un combattant de la nature et notre arme, c’est la loi… Et la sanction ! »

Prêtre éducateur depuis 50 ans, le père Guy Gilbert fête cette année ses 80 ans, dont 50 ans de séminaire. C’est à 13 ans que Guy Gilbert, issu d’une famille ouvrière de 15 enfants, décide de vouer sa vie à Dieu et entre au séminaire. Après quelques années en Algérie, il s’installe à Paris où il travaille auprès de jeunes délinquants. Il y gagne le surnom de «curé des loubards». En 1974, un leg lui permet d’acheter une ferme délabrée dans le sud de la France, où il crée « La Bergerie de Faucon ». Entouré d’une équipe d’éducateurs, il y accueille de jeunes en rupture sociale afin de leur offrir une chance de réinsertion par le travail et le lien avec les animaux. 

Ses cheveux longs, son blouson de cuir et sa gouaille en ont fait une personnalité hors du commun, aussi bien au sein de l’Eglise que du monde médiatique. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le Père Guy Gilbert est un homme de lettres autant qu’un homme de Dieu. 

Agé de 80 ans, Guy Gilbert, prêtre catholique, est également chroniqueur à ses heures pour le quotidien « La Croix » et sur « Radio Notre-Dame », et, réputé pour son franc parlé, a souvent été invité des «Grosses Têtes» de Philippe Bouvard.

Il est l'auteur de 46 livres. Dans le dernier, « Vie de combat, vie d'amour » (éditions Philippe Rey), il passe en revue son existence sur le mode d’un abécédaire insolite. Le respect de la nature et l’urgence écologique font, depuis plus de 20 ans, partie de ses batailles…. Toutes ses publications sont à retrouver sur son site.

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Info Le Parisien .fr

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