::+:: En immersion : à la recherche d’une laïcité apaisée

Tourcoing. Anti-religion ? Anti-islam ? Défense de valeurs judéo-chrétiennes ? La laïcité est dans la bouche de tous les politiques. On pourrait presque dire qu’elle est « manipulée ». À l’occasion du 110e anniversaire de la loi de 1905, nous avons revu les fondamentaux.




On a cherché l’intransigeance. On a cherché les interdictions. On a cherché le dogmatisme. Sans rien trouver.

Hier, jour du centenaire de la loi sur la laïcité, le Cercle Maria et Gustave Dron a monté, en quelques heures, une exposition sur cette loi fondamentale de la République, dans le hall de l’hôtel de ville de Tourcoing.

=III - Laïcité manipulée


Abreuvé de déclarations de certains politiques, rarement taillées dans la dentelle, on s’attendait à quelque chose de clivant. Pas du tout. « Certains, dans quelques partis, utilisent la laïcité pour combattre une certaine religion », commence Daniel Callewaert, président du Cercle Maria et Gustave Dron. Une certaine religion ? « La laïcité n’est pas anti-musulmans. L’utiliser en ce sens, c’est l’insulter. »

La quarantaine d’affiches, dans le hall, est là pour rappeler les bases de la laïcité, loin de son instrumentalisation et des outrances ressassées à l’envi. Le porc à la cantine : laïcité ou pas ? « Dans une école et à la cantine, la laïcité n’autorise pas les enfants à se réunir en groupe communautaire. Mais le repas de substitution ne dérange pas ! Avoir un plat avec une viande et un menu végétarien, ce n’est pas une question de religion », explique Daniel Villebasse, délégué départemental de l’Éducation nationale à Tourcoing.

Et la crèche dans la mairie ? Gageons que cette épineuse question va, encore une fois, s’inviter peu avant Noël grâce à quelques élus délicats. « Une crèche n’a rien à faire dans une mairie. Ce bâtiment fait partie de la sphère publique. Dans cet endroit, on obéit à une stricte laïcité, il n’y a pas de prosélytisme ou de signe religieux toléré », assure Daniel Callewaert. Mais alors, l’argument, entendu, d’un quelconque folklore basé sur des valeurs judéo-chrétiennes ? « La loi de 1905 n’est pas une défense de ces valeurs. C’est un appel à l’ouverture, au respect de l’autre. Elle donne la liberté à tous les cultes et les places à égalité. Dans un parc ou un jardin public, pas de problème pour la crèche », intervient Daniel Callewaert.

=III - « Liberté absolue de conscience »


C’est subtil, mais compréhensible. « Le parc est un espace public, une zone de liberté où chacun peut s’exprimer librement. Tant que l’on respecte la loi et qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public. Le bâtiment mairie appartient à l’État. » Un fonctionnaire n’a donc pas le droit de porter une croix en évidence sur lui, tant qu’il est au travail. En revanche, sitôt débauché, libre à lui de faire ce que bon lui semble.

Daniel Callewaert regrette amèrement les « manipulations », autour de la loi de 1905. « Dans la situation de tensions que traverse notre pays où une conception dogmatique de la laïcité est utilisée pour exclure et rejeter, il faut plus que jamais réaffirmer que la laïcité, c’est avant tout la liberté absolue de conscience. »

Dans cette optique, l’exposition prend tout son sens. D’autant qu’elle évoque le rôle majeur qu’a eu Gustave Dron, maire de Tourcoing, sur la naissance de la loi. Aussi, elle aurait peut-être gagné à être plus durable. Si on veut en profiter, il faudra se rendre à la mairie avant ce soir, date de démontage.
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