::+:: En 2013, le passage du pape avait bousculé l’Eglise brésilienne


Le pape François et l'archevêque brésilien de Rio de Janeiro, Orani Tempesta, avant la messe de clôture des JMJ 2013, le 28 juillet 2013


Plus de deux ans après, Mgr Guilherme Werlang, évêque d’Ipameri dans le Goias, au centre du Brésil, se souvient encore des phrases du pape François lors de son discours aux évêques brésiliens à Rio de Janeiro, le 27 juillet 2013. « Il a fait beaucoup du bien à l’Église brésilienne. » 

Ce voyage au Brésil, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), était sa première visite officielle en dehors d’Italie depuis le début de son pontificat. L’Église « ne peut pas s’éloigner de la simplicité », assénait-il alors.

Retrouver la simplicité, l’humilité, la proximité avec les fidèles, ne pas être attiré par les « voitures rapides »… Dans un ton simple mais ferme, François livrait de sévères critiques à l’Église brésilienne.

DES EFFETS MITIGÉS

Si ses mots « ont stimulé l’Église brésilienne », leurs effets ont été mitigés, selon une sœur de São Paulo, qui préfère garder l’anonymat : « J’ai constaté sur le terrain les efforts de certains prêtres pour se rapprocher des fidèles, ils s’impliquent davantage dans leur paroisse. » 

Elle salue l’action des évêques nommés récemment qui incarnent « cette simplicité et cette humilité que doit retrouver l’Église ». 

Mais le « chemin est long », continue-t-elle : « Certains aspirent encore à un confort de vie qui ne correspond pas au discours que devrait tenir l’Église. Ils veulent une belle voiture, un bon salaire, refusent de s’installer dans les coins reculés du Brésil », regrette la sœur, qui travaille auprès des enfants pauvres. Elle déplore aussi le peu d’écho qu’a eu l’appel du pape à promouvoir le rôle des femmes dans l’Église.


« STIMULER ET RELANCER L’ŒUVRE DE L’ÉGLISE BRÉSILIENNE » EN AMAZONIE

« La majorité des évêques tentent d’appliquer ses paroles, mais ce style de vie simple que prescrit François rencontre aussi beaucoup de résistance ici », relève Mgr Werlang.

Pour lui, les mots du pape font pourtant écho à des résolutions prises de longue date par l’Église latino-américaine : « A Medellin, elle a clairement établi, dès 1968, ”l’option préférentielle de l’Église pour les pauvres”. C’était la lecture latino-américaine de Vatican II, celle dont s’inspire le pape. » 

À quelques jours de l’ouverture de la COP21 à Paris, les paroles du pape demandant aussi de « stimuler et relancer l’œuvre de l’Église brésilienne » en Amazonie, résonnent encore : « Nous devons être plus fermes dans notre action, reconnaît Mgr Werlang. Le pape nous demande d’adopter avec la forêt amazonienne, et avec la Terre, la posture d’un enfant envers sa mère. » 

++ O ++

Info La Croix

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